PCMI13 : Attestation Parasismique pour Permis de Construire
PCMI13 : L'Attestation Parasismique du Permis de Construire
Temps de lecture : 13 minutes
Vous déposez un permis de construire pour une maison individuelle et le service urbanisme vous demande une pièce PCMI13 ? Pour une maison individuelle (catégorie d'importance II), cette attestation parasismique est exigée depuis le 1er janvier 2024 en zones de sismicité 3, 4 et 5. En zone 2, seuls les bâtiments de catégories III et IV sont concernés : une maison n'a pas à la fournir. Elle certifie que la conception de votre future maison intègre les règles de construction parasismique. Sans ce document, votre dossier sera incomplet et le délai d'instruction ne démarrera pas. Qui peut établir cette attestation ? Combien coûte-t-elle ? Êtes-vous réellement concerné ? Les réponses concrètes.
Sommaire
- Qu'est-ce que la pièce PCMI13 ?
- Les zones sismiques en France
- Qui est concerné par l'attestation parasismique ?
- Qui peut établir la PCMI13 ?
- Le contenu de l'attestation
- Le coût de la PCMI13
- PCMI13 et autres attestations réglementaires
- Cas pratiques et exemples
- Erreurs à éviter
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qu'est-ce que la pièce PCMI13 ?
La pièce PCMI13 est l'attestation de prise en compte des règles de construction parasismique. Elle fait partie des documents complémentaires du dossier de permis de construire pour maison individuelle (PCMI = Permis de Construire Maison Individuelle).
Définition réglementaire
Selon l'article R431-16 e) du Code de l'urbanisme, modifié par le décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023, la demande de permis de construire doit être accompagnée, lorsque le projet est tenu de respecter les règles parasismiques, d'une attestation relative au respect de ces règles au stade de la conception. Le maître d'ouvrage ne la rédige pas : il la fait établir (article R122-36 du Code de la construction et de l'habitation) par un contrôleur technique ou, par dérogation pour une maison individuelle, par un constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Son modèle officiel figure à l'annexe 1 de l'arrêté du 22 décembre 2023.
Cette attestation sismique :
- Certifie que le concepteur a intégré les règles parasismiques (Eurocode 8 ou, pour une maison individuelle, les guides de dimensionnement forfaitaire CPMI-EC8)
- Garantit que les fondations, la structure et les liaisons sont dimensionnées pour résister aux séismes
- Engage la responsabilité du signataire sur la conformité du projet
Pourquoi cette obligation ?
La France est exposée au risque sismique, notamment dans certaines régions (Sud-Est, Pyrénées, Alsace, Antilles). Les normes parasismiques imposent des règles de conception et de construction pour protéger les occupants en cas de séisme.
Avant 2024, une attestation au dépôt du permis existait déjà, mais seulement pour les bâtiments soumis au contrôle technique obligatoire : les maisons individuelles en étaient dispensées. Depuis le 1er janvier 2024, le décret n° 2023-1173 étend l'obligation aux maisons individuelles (catégorie II) situées en zones 3, 4 et 5, au dépôt du permis puis à l'achèvement des travaux.
Le cadre juridique
Les textes de référence sont :
- Décret n°2010-1254 du 22 octobre 2010 : zonage sismique
- Arrêté du 22 octobre 2010 : classification des bâtiments et règles applicables
- Décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 : attestations au dépôt du PC et à la DAACT (articles R122-36 à R122-38 du CCH), en vigueur depuis le 1er janvier 2024
- Arrêté du 22 décembre 2023 : contenu et modèles officiels des attestations (annexes 1 et 2), rectifié le 24 février 2024
- Eurocode 8 : norme européenne de conception parasismique
Les zones sismiques en France
La France métropolitaine et les DOM sont découpés en 5 zones de sismicité, de très faible (zone 1) à forte (zone 5).
Le zonage sismique
| Zone | Niveau de risque | Régions concernées |
|---|---|---|
| Zone 1 | Très faible | Bassin Parisien, Centre, Bretagne |
| Zone 2 | Faible | Grand Ouest, Normandie, Nord |
| Zone 3 | Modéré | Rhône-Alpes, Alsace, Pyrénées |
| Zone 4 | Moyen | Alpes, Provence, Côte d'Azur |
| Zone 5 | Fort | Antilles (Guadeloupe, Martinique) |
Où trouver la zone sismique de votre commune ?
Plusieurs sources permettent de connaître le classement de votre terrain :
- Géorisques (georisques.gouv.fr) : saisir votre adresse pour obtenir l'aléa sismique
- Annexes du PLU : le Plan Local d'Urbanisme mentionne les risques naturels
- Certificat d'urbanisme : précise les servitudes d'utilité publique liées aux risques
Impact sur l'attestation PCMI13
| Zone | PCMI13 obligatoire ? |
|---|---|
| Zone 1 | Non |
| Zone 2 | Non pour une maison individuelle (oui pour les bâtiments de catégories III et IV) |
| Zone 3 | Oui |
| Zone 4 | Oui |
| Zone 5 | Oui |
En zone 1 (sismicité très faible) comme en zone 2 (faible), une maison individuelle n'a pas à fournir de PCMI13. En zone 2, l'attestation ne vise que les bâtiments de catégories III et IV (écoles, établissements de santé, grands ERP, bâtiments stratégiques), qui relèvent du formulaire PC12 du cerfa 13409.
Qui est concerné par l'attestation parasismique ?
L'obligation de fournir la PCMI13 dépend de deux critères : la localisation géographique (zone sismique) et la catégorie d'importance du bâtiment.
Les maisons individuelles (catégorie II)
Les maisons individuelles sont classées en catégorie d'importance II. En zones 3, 4 et 5, elles sont soumises aux règles parasismiques et nécessitent une attestation PCMI13. En zone 2, les règles parasismiques ne s'imposent pas à la catégorie II : aucune attestation n'est demandée.
Sont concernées :
- Construction neuve de maison individuelle
- Extension créant de la surface de plancher
- Surélévation ajoutant un niveau
- Rénovation lourde avec modification de la structure
Les cas particuliers
Extensions de faible surface
Une extension de 20 m² soumise à déclaration préalable (et non à permis de construire) n'est pas concernée par la PCMI13 — sauf si elle modifie la structure porteuse du bâtiment existant.
Piscines
Une piscine enterrée n'est pas soumise aux règles parasismiques : pas de PCMI13 nécessaire.
Garages et annexes
Un garage ou un abri de jardin indépendant de la maison relève de la catégorie d'importance I (bâtiment sans séjour humain de longue durée) : il n'est concerné dans aucune zone. En revanche, un garage accolé et liaisonné mécaniquement à la structure de la maison suit le régime de la maison (attestation en zones 3 à 5).
Rénovations légères
Les travaux ne touchant pas à la structure (ravalement, isolation intérieure, changement de fenêtres) ne déclenchent pas l'obligation d'attestation parasismique.
Le tableau récapitulatif
| Projet | Zone 1 | Zone 2 | Zones 3-4-5 |
|---|---|---|---|
| Maison neuve | Non | Non | Oui |
| Extension < 20 m² (DP) | Non | Non | Non* |
| Extension > 20 m² (PC) | Non | Non | Oui |
| Surélévation | Non | Non | Oui |
| Garage isolé | Non | Non | Selon cas |
| Piscine | Non | Non | Non |
*Sauf si modification de la structure porteuse existante. Tableau valable pour une maison individuelle (catégorie II) ; en zone 2, seuls les bâtiments de catégories III et IV sont concernés.
Qui peut établir la PCMI13 ?
Le maître d'ouvrage fait établir l'attestation. L'article L122-8 du Code de la construction et de l'habitation ne prévoit que deux qualités d'attestateur au dépôt du permis : le contrôleur technique agréé et, par dérogation pour une maison individuelle, tout constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Le formulaire officiel (annexe 1 de l'arrêté du 22 décembre 2023) ne propose d'ailleurs que ces deux cases, et l'attestateur doit y déclarer son assurance professionnelle.
Les professionnels habilités
1. Le contrôleur technique agréé
C'est l'attestateur de droit commun (Socotec, Bureau Veritas, Apave, Qualiconsult, etc.). Pour les bâtiments autres que les maisons individuelles, c'est même le seul habilité au dépôt du permis. Pour une maison, c'est la solution courante lorsque le projet est conduit sans constructeur ni architecte.
2. Le constructeur de la maison (dérogation maison individuelle)
Est « constructeur » au sens de l'article 1792-1 du Code civil toute personne liée au maître d'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage : constructeur CCMI, entreprise de gros œuvre, maître d'œuvre, architecte chargé de la conception. Il engage sa responsabilité et son assurance sur la prise en compte des règles parasismiques.
Pour rappel, l'architecte est obligatoire lorsque la surface de plancher totale après travaux dépasse 150 m².
3. Le bureau d'études structure
Au dépôt du permis, un bureau d'études ne peut signer que s'il intervient lui-même comme constructeur du projet (mission structure sous contrat). Les bureaux d'études agréés par le ministère ne sont prévus que pour l'attestation d'achèvement (annexe 2 de l'arrêté). En pratique, le constructeur CCMI signe la PCMI13 et s'appuie sur le dimensionnement de son bureau d'études partenaire.
Le maître d'ouvrage peut-il signer lui-même ?
En principe non : le maître d'ouvrage fait établir l'attestation, il ne la rédige pas. Une seule exception, admise par la FAQ du ministère chargé de la construction : l'auto-constructeur qui réalise entièrement sa maison peut signer sa propre attestation, et il en porte alors la responsabilité en cas de contrôle. S'il confie les fondations ou le gros œuvre à une entreprise, c'est elle qui peut l'établir, au moins pour sa part des travaux.
Comment choisir le signataire ?
| Situation | Signataire recommandé |
|---|---|
| Projet avec architecte | L'architecte (constructeur au sens de l'article 1792-1) |
| CCMI avec constructeur | Le constructeur CCMI |
| Maître d'œuvre ou entreprise de gros œuvre | Le maître d'œuvre ou l'entreprise, sinon un contrôleur technique |
| Auto-construction intégrale | Le maître d'ouvrage lui-même, ou un contrôleur technique |
Le contenu de l'attestation
L'attestation PCMI13 suit le modèle de l'annexe 1 de l'arrêté du 22 décembre 2023. Les rubriques à remplir sont les suivantes.
Les mentions obligatoires
| Élément | Description |
|---|---|
| Maître d'ouvrage | Identité, adresse, contact |
| Attestateur | Contrôleur technique (n° d'agrément) ou constructeur (maison individuelle), assurance professionnelle déclarée |
| Documents remis | Projet au stade du PC, éléments géotechniques (classe de sol), étude préalable PPR le cas échéant |
| Projet | Adresse, code INSEE, numéro de permis |
| Plan de prévention des risques sismiques | Existence, étude préalable imposée ou non |
| Catégorie d'importance | II pour une maison individuelle |
| Zone de sismicité | 2, 3, 4 ou 5 |
| Type de projet | Maison neuve, extension horizontale ou verticale, surface, niveaux |
| Référentiel de dimensionnement | Eurocode 8 (NF EN 1998) ou guides CPMI-EC8 zones 3-4 / zone 5 |
| Sol | Étude de sol réalisée ou non, classe de sol A à E (S1, S2) |
| Conclusion | Prise en compte des règles parasismiques au stade du PC, réserves éventuelles |
La classe de sol
Le sol sur lequel est construite la maison influence l'amplification des ondes sismiques. L'Eurocode 8 définit 5 classes :
| Classe | Type de sol | Amplification |
|---|---|---|
| A | Roche saine | Faible |
| B | Sol ferme (graviers, sables denses) | Modérée |
| C | Sol meuble (argiles moyennes) | Moyenne |
| D | Sol mou (vases, tourbes) | Forte |
| E | Couche superficielle meuble sur roche | Variable |
La classe de sol est généralement déterminée par une étude géotechnique (G1/G2). À défaut, la classe D (majorante) peut être retenue par prudence.
Le formulaire type
Le modèle est officiel : c'est l'annexe 1 de l'arrêté du 22 décembre 2023 (rectifié le 24 février 2024), « formulaire émis par le ministère chargé de la construction ». Il ne porte pas de numéro CERFA, mais l'attestateur doit utiliser ce modèle, pas un document maison. Il est diffusé par les préfectures et les services urbanisme, et une attestation est établie par maison individuelle.
Seul le formulaire est joint au permis : l'étude de sol et les plans remis à l'attestateur ne sont pas à déposer en mairie. Si l'étude de sol est en cours, l'attestateur l'indique dans sa conclusion et complète à l'achèvement.
Le coût de la PCMI13
Le prix de l'attestation parasismique varie selon le professionnel sollicité et la complexité du projet.
Ordre de grandeur des tarifs
| Prestataire | Fourchette de prix |
|---|---|
| Architecte (inclus dans la mission) | 0 € (inclus) |
| Contrôleur technique | 300 à 600 € |
| Maître d'œuvre ou entreprise (avec dimensionnement par un BE) | 200 à 500 € |
| Constructeur CCMI | 0 à 300 € (selon contrat) |
Ce qui influence le prix
- Taille du projet : une maison de 200 m² sera plus coûteuse à vérifier qu'une maison de 100 m²
- Complexité structurelle : architecture atypique, grande portée, porte-à-faux
- Zone sismique : en zone 4-5, les exigences sont plus élevées
- Étude géotechnique disponible : si la classe de sol est déjà connue, le travail est simplifié
Optimiser le coût
Option 1 : Grouper avec l'étude thermique
Certains bureaux d'études proposent un forfait incluant l'étude thermique RE2020 et l'attestation parasismique. Comptez 1 000 à 1 500 € pour les deux prestations.
Option 2 : Négocier avec le constructeur
Dans un CCMI, demandez que l'attestation PCMI13 soit incluse dans le prix du contrat. La plupart des constructeurs l'intègrent désormais.
Option 3 : Mission architecte complète
Si vous passez par un architecte, l'attestation PCMI13 fait partie de sa mission de conception. Pas de coût supplémentaire.
PCMI13 et autres attestations réglementaires
Le dossier de permis de construire peut contenir plusieurs attestations techniques. Voici comment les différencier.
Les principales attestations
| Pièce | Objet | Obligatoire si… |
|---|---|---|
| PCMI12-2 | Attestation de conformité de l'assainissement non collectif | Installation d'assainissement non collectif créée ou réhabilitée |
| PCMI13 | Attestation parasismique au stade de la conception | Maison individuelle en zone sismique 3, 4 ou 5 |
| PCMI14 | Attestation de l'architecte ou de l'expert (étude imposée par un PPR) | Commune avec PPR imposant une étude préalable |
| PCMI14-2 | Attestation RE2020 au dépôt du PC (la PCMI14-1 ne concerne que les projets encore soumis à la RT2012) | Construction neuve ou extension soumise à la RE2020 |
Numérotation du cerfa 13406*17 en vigueur.
PCMI13 vs PCMI14-2 (RE2020)
Ces deux attestations concernent des réglementations différentes :
| PCMI13 | PCMI14-2 |
|---|---|
| Résistance aux séismes | Performance énergétique |
| Eurocode 8 | RE2020 |
| Contrôleur technique / constructeur de la maison | BET thermique |
| Zones 3 à 5 (maison individuelle) | Toute la France |
Les deux peuvent être requises simultanément. Une maison neuve en zone 3 devra fournir PCMI14-2 (RE2020) et PCMI13 (parasismique).
PCMI13 vs PCMI14 (PPR)
La PCMI14 concerne les Plans de Prévention des Risques (inondation, mouvement de terrain, etc.). Elle est distincte de la PCMI13, même si les deux portent sur des risques naturels.
Un projet peut être soumis :
- À la PCMI13 seule (zone sismique sans PPR)
- À la PCMI14 seule (PPR inondation en zone 1)
- Aux deux (zone sismique avec PPR)
L'attestation en fin de travaux
À l'achèvement des travaux, une seconde attestation parasismique est requise (modèle de l'annexe 2 de l'arrêté du 22 décembre 2023). Elle certifie que les règles ont été effectivement respectées pendant le chantier et accompagne la DAACT (Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux). Elle peut être établie par un contrôleur technique, un bureau d'études agréé ou, pour une maison individuelle, par le constructeur.
Le même décret a créé, à l'achèvement seulement, une attestation de respect des règles de prévention du retrait-gonflement des argiles pour les terrains en aléa moyen ou fort.
Cas pratiques et exemples
Exemple 1 : Maison neuve de 130 m² en Alsace (zone 3)
Situation : Construction d'une maison de plain-pied de 130 m² à Colmar.
Attestations requises :
- PCMI13 (zone sismique 3) : oui
- PCMI14-2 (RE2020) : oui
- Architecte : non (< 150 m²)
Démarche : Le constructeur CCMI signe lui-même la PCMI13 (dérogation maison individuelle) sur la base du dimensionnement de son bureau d'études, et fait établir l'attestation RE2020 par son BET thermique. Coût inclus dans le contrat.
Délai : Les attestations sont prêtes en même temps que les plans, soit environ 2 semaines.
Exemple 2 : Extension de 45 m² dans les Alpes-Maritimes (zone 4)
Situation : Agrandissement d'une maison existante de 110 m² avec une extension de 45 m² à Nice.
Attestations requises :
- PCMI13 : oui (zone 4, extension avec PC)
- PCMI14-2 : oui si extension chauffée > 50 m² (ici non, car 45 m²)
- Architecte : oui (total 155 m² après travaux)
Démarche : L'architecte, constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil, établit l'attestation PCMI13 dans le cadre de sa mission de conception. Elle est incluse dans ses honoraires.
Particularité : L'architecte doit vérifier que les liaisons entre l'extension et l'existant respectent les règles parasismiques.
Exemple 3 : Maison neuve de 90 m² en Normandie (zone 2)
Situation : Construction d'une maison de 90 m² à Caen.
Attestations requises :
- PCMI13 : non (zone 2, la catégorie II n'est pas concernée)
- PCMI14-2 : oui (RE2020)
- Architecte : non (< 150 m²)
Démarche : Aucune attestation parasismique à fournir, ni au permis ni à la DAACT. Le dossier se limite aux pièces PCMI1 à PCMI8 et à l'attestation RE2020.
Point d'attention : En zone 2, seuls les bâtiments de catégories III et IV sont visés. À Caen, une école ou une clinique devrait fournir une attestation (pièce PC12 du cerfa 13409, établie par un contrôleur technique), pas une maison. Si le service instructeur réclame malgré tout une PCMI13, renvoyez-le à l'article R122-36 du Code de la construction et de l'habitation.
Exemple 4 : Surélévation en Guadeloupe (zone 5)
Situation : Création d'un étage supplémentaire sur une maison existante.
Attestations requises :
- PCMI13 : oui (zone 5, risque fort)
- PCMI14-2 : selon surface chauffée créée
- Architecte : selon surface totale après travaux
Particularité : En zone 5, les exigences parasismiques sont maximales. L'intervention d'un bureau d'études structure est indispensable pour vérifier que la structure existante peut supporter la surélévation avec les renforts nécessaires.
Erreurs à éviter
Erreur n°1 : Se tromper de zone ou de catégorie
Deux confusions fréquentes. En zones 3 à 5, des maîtres d'ouvrage déposent sans PCMI13 en croyant que seuls les immeubles sont concernés : depuis 2024, les maisons individuelles le sont. À l'inverse, en zone 2, des dossiers de maison sont retardés par une demande de PCMI13 injustifiée : cette zone ne vise que les catégories III et IV.
Solution : Vérifiez le zonage sismique de votre commune sur Géorisques, puis croisez-le avec la catégorie d'importance du bâtiment (II pour une maison).
Erreur n°2 : Confondre PCMI13 et étude géotechnique
L'attestation parasismique n'est pas une étude de sol. Elle certifie la prise en compte des règles PS dans la conception, pas la nature du terrain.
Solution : Deux prestations distinctes — l'étude G2 pour le sol, la PCMI13 pour la conception parasismique.
Erreur n°3 : Déposer le permis sans la PCMI13
Le service urbanisme vous adressera une demande de pièces complémentaires. Le délai d'instruction ne démarrera qu'à réception du document.
Solution : Constituez un dossier complet dès le départ pour éviter les allers-retours.
Erreur n°4 : Faire signer la PCMI13 par un non-professionnel
Une attestation signée par une personne qui n'est ni contrôleur technique agréé ni constructeur de la maison (au sens de l'article 1792-1 du Code civil) sera refusée. Le maître d'ouvrage ne peut la signer lui-même qu'en auto-construction intégrale.
Solution : Faites signer le formulaire officiel par votre contrôleur technique, votre constructeur CCMI, votre architecte ou votre maître d'œuvre, avec son assurance professionnelle.
Erreur n°5 : Oublier l'attestation en fin de travaux
La PCMI13 au dépôt du PC ne dispense pas de l'attestation à l'achèvement. Sans cette seconde attestation, la DAACT sera incomplète.
Solution : Prévoyez les deux attestations dans le budget (ou vérifiez que le constructeur les inclut).
Erreur n°6 : Négliger la classe de sol
Retenir la classe A (roche) par optimisme alors que le terrain est argileux (classe C ou D) peut conduire à un sous-dimensionnement structurel.
Solution : Faites réaliser une étude géotechnique pour déterminer la classe de sol réelle.
Questions fréquentes
Dans quelles zones la PCMI13 est-elle obligatoire ?
L'attestation parasismique PCMI13 est obligatoire pour les maisons individuelles (catégorie d'importance II) situées en zones de sismicité 3, 4 et 5. En zone 2, seuls les bâtiments de catégories III et IV sont concernés, et la zone 1 ne l'est pas du tout. Les zones 3 à 5 couvrent notamment les Alpes, la Provence, les Pyrénées, l'Alsace, une partie de la région Rhône-Alpes, et les Antilles (Guadeloupe, Martinique), classées en zone 5.
Qui peut délivrer l’attestation parasismique PCMI13 ?
Au dépôt du permis, la PCMI13 est établie par un contrôleur technique agréé (Socotec, Bureau Veritas, Apave, etc.) ou, par dérogation pour une maison individuelle, par un constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil : constructeur CCMI, entreprise de gros œuvre, maître d'œuvre ou architecte lié au maître d'ouvrage par contrat. Le maître d'ouvrage la fait établir et ne la signe lui-même qu'en auto-construction intégrale. Les bureaux d'études agréés ne peuvent signer que l'attestation d'achèvement.
Combien coûte l’attestation parasismique PCMI13 ?
Le coût de la PCMI13 varie de 0 € (si incluse dans la mission de l'architecte ou du constructeur) à 600 € environ pour un bureau de contrôle indépendant. La fourchette courante se situe entre 200 et 500 €. Certains bureaux d'études proposent des forfaits combinant étude thermique RE2020 et attestation parasismique pour 1 000 à 1 500 €. Dans le cadre d'un CCMI, négociez l'inclusion de cette prestation dans le contrat.
La PCMI13 est-elle obligatoire depuis quand ?
Pour une maison individuelle, l'attestation parasismique au stade du permis de construire (PCMI13) est obligatoire depuis le 1er janvier 2024, date d'entrée en vigueur du décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023. Avant cette date, l'attestation au dépôt du permis n'existait que pour les bâtiments soumis au contrôle technique obligatoire, dont les maisons individuelles étaient dispensées. Les modèles d'attestation sont fixés par l'arrêté du 22 décembre 2023.
Faut-il une PCMI13 pour une extension ou une rénovation ?
Pour une extension soumise à permis de construire (> 20 m² ou > 40 m² en zone U selon les cas), la PCMI13 est obligatoire si la maison est située en zone sismique 3, 4 ou 5. Pour une rénovation, l'attestation n'est requise que si les travaux modifient la structure porteuse (création d'ouvertures, suppression de murs porteurs). Un simple ravalement ou une rénovation intérieure n'est pas concerné. Pour un bow-window ajouté à une façade existante, vérifiez si la structure est impactée.
Comment savoir si mon terrain est en zone sismique ?
Consultez le site Géorisques (georisques.gouv.fr) et saisissez l'adresse de votre terrain. Le site affiche la zone de sismicité (1 à 5) et les autres risques naturels. Vous pouvez également demander un certificat d'urbanisme à la mairie, qui mentionnera le zonage sismique dans les servitudes d'utilité publique. Le PLU de la commune contient aussi cette information dans ses annexes.
La PCMI13 dispense-t-elle de l’attestation en fin de chantier ?
Non, les deux attestations sont distinctes et complémentaires. La PCMI13 au stade du permis certifie la prise en compte des règles dans la conception. L'attestation à l'achèvement (jointe à la DAACT) certifie que les règles ont été effectivement respectées pendant la construction. Cette seconde attestation est établie par un contrôleur technique, un bureau d'études agréé ou, pour une maison individuelle, par le constructeur, qui a suivi le chantier.
Conclusion
L'attestation PCMI13 est désormais incontournable pour toute maison individuelle construite, agrandie ou surélevée en zones sismiques 3, 4 et 5 (les bâtiments de catégories III et IV y sont soumis dès la zone 2). Ce document certifie que la conception de votre maison intègre les normes de construction parasismique (Eurocode 8), garantissant votre sécurité en cas de séisme.
Les points essentiels à retenir :
- Vérifiez le zonage sismique de votre terrain sur Géorisques avant de constituer votre dossier
- Faites établir l'attestation sur le formulaire officiel par un contrôleur technique ou par le constructeur de la maison (constructeur CCMI, architecte, maître d'œuvre, entreprise)
- Intégrez le coût (200 à 600 €) dans votre budget travaux
- Joignez la PCMI13 au dossier de permis dès le dépôt
- Prévoyez l'attestation d'achèvement pour la DAACT
Un dossier complet, avec toutes les attestations requises, sera instruit dans le délai légal de 2 mois. Sans la PCMI13, votre demande sera mise en attente et vous perdrez un temps précieux.
Le permis de construire obtenu, sa durée de validité est de 3 ans. Ensuite, le recours des tiers court pendant 2 mois après affichage. Puis vous pourrez enfin démarrer les travaux en toute sérénité, avec une construction conforme aux règles parasismiques.
Sources : Code de l'urbanisme (article R431-16), Code de la construction et de l'habitation (articles L122-8 et R122-36 à R122-38), Décret n°2010-1254, Arrêté du 22 octobre 2010, Décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023, Arrêté du 22 décembre 2023, FAQ du ministère chargé de la construction, cerfa 13406*17, Eurocode 8 (NF EN 1998), Géorisques.gouv.fr
Sources officielles
- Légifrance — Décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 (attestations sismiques et retrait-gonflement des argiles)
- Arrêté du 22 décembre 2023 — contenu et modèles de l’attestation sismique (annexes 1 et 2)
- Ministère chargé de la construction — FAQ sur les attestations sismiques
- Géorisques — Retrait-gonflement des argiles
- Géorisques — Connaître les risques près de chez moi
- Code de l’environnement — Article L562-1 (zones à risques)
