Les certificats d’économies d’énergie (CEE) Coup de pouce versent jusqu’à 5 000 € pour l’installation d’une pompe à chaleur air/eau en remplacement d’une chaudière à gaz, au fioul ou au charbon — sans condition de revenus minimaux. Ce mécanisme, fondé sur l’article L221-1 du Code de l’énergie, bonifie sur la 6e période CEE (2026-2030) le volume de certificats généré par des gestes ciblés, en appliquant un coefficient multiplicateur de 3 à 4 fois supérieur aux CEE classiques.
En 2026, le dispositif Coup de pouce concerne principalement deux familles de gestes pour les particuliers en résidence principale : le remplacement d’un chauffage fossile par une pompe à chaleur (air/eau ou géothermique), et l’installation d’un chauffage biomasse certifié Flamme Verte. Le Coup de pouce Isolation, qui existait jusqu’en juin 2022, n’est plus actif — l’isolation reste éligible aux CEE classiques et à MaPrimeRénov’, mais sans bonification.
CEE classique et Coup de pouce : deux niveaux de prime distincts
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie oblige les fournisseurs d’énergie — électricité, gaz, carburant, fioul domestique — à financer des économies d’énergie chez leurs clients ou à en acheter à des tiers. Chaque kilowattheure économisé génère un volume de CEE exprimé en kWh cumulac (kilowattheures d’énergie finale, en valeur actualisée cumulée).
Un CEE classique valorise ce volume au prix de marché, généralement entre 6 et 10 €/MWh cumulac. Le Coup de pouce applique un coefficient de bonification sur ce volume pour des gestes prioritaires liés à la sortie des énergies fossiles. En pratique, la prime versée au ménage peut atteindre 3 à 5 fois celle d’un CEE classique sur le même chantier.
Les CEE sont versés par les obligés (fournisseurs d’énergie : EDF, Engie, TotalEnergies, etc.) ou par leurs délégataires — des agrégateurs comme Effy, Hellio ou Sonergia. Ces intermédiaires négocient un volume CEE avec l’installateur et versent la prime directement au ménage, avant ou après travaux selon les contrats. Le choix du délégataire peut influencer le montant final de 10 à 20 % : il vaut la peine de comparer au moins deux ou trois offres avant de s’engager. La page france-renov.gouv.fr/aides/cee recense les délégataires agréés et les modalités de chaque aide.
Pompe à chaleur air/eau : barème Coup de pouce 2026 selon les revenus
La PAC air/eau reste le geste phare du Coup de pouce Chauffage en 2026. Elle remplace une chaudière à combustible fossile dans un logement construit depuis plus de deux ans en résidence principale. Les montants observés en 2026 s’établissent à :
- 5 000 € pour les ménages aux ressources très modestes (plafond Anah bleu, référence barème MaPrimeRénov’ Anah)
- 4 000 € pour les ménages modestes (plafond Anah jaune)
- 3 000 € pour les ménages à revenus intermédiaires (plafond Anah violet)
- Un montant calculé selon la zone climatique et la surface chauffée pour les profils supérieurs, sans plafond de revenus bloquant
Ces montants ne sont pas un tarif réglementé fixe mais le résultat d’un calcul CEE. Ils varient selon l’ETAS (efficacité thermique annuelle saisonnière) de la machine installée. À partir du 1er janvier 2026, la réglementation Coup de pouce distingue deux seuils d’ETAS pour les PAC air/eau : entre 111 % et 140 %, et au-dessus de 140 %. Les équipements les plus performants (ETAS ≥ 140 %) génèrent un volume CEE plus élevé et donc une prime supérieure.
Autre changement de 2026 : la distinction entre usage « chauffage seul » et « chauffage + eau chaude sanitaire » est supprimée du calcul. Seules la performance ETAS et la zone climatique entrent désormais en ligne de compte pour déterminer le volume de CEE généré.
Pompe à chaleur géothermique : le geste le mieux bonifié en 2026
Les PAC eau/eau (géothermie sur nappe phréatique) et sol/eau (géothermie sur sondes ou capteurs enterrés horizontaux) bénéficient d’un coefficient de bonification Coup de pouce supérieur à celui des PAC air/eau. Le volume CEE généré est multiplié par 4 (contre 3 pour l’air/eau), ce qui se traduit par des primes pouvant atteindre 7 000 à 11 000 € selon la zone climatique, la surface chauffée et les ressources du foyer.
Ces équipements sont éligibles lorsqu’ils remplacent une chaudière à gaz, fioul ou charbon dans une résidence principale. Les travaux doivent être réalisés par un professionnel certifié RGE — condition préalable non négociable à toute demande de CEE, quel que soit le geste.
Contrairement aux PAC air/eau dont une liste d’approbation ADEME est attendue à partir de juillet 2026, les PAC géothermiques ne sont pas soumises à ce mécanisme d’agrément annoncé à ce jour. Elles restent soumises aux conditions techniques réglementaires habituelles : dimensionnement adapté au logement, raccordement conforme aux DTU, et respect des seuils ETAS définis par arrêté.
Chaudière à granulés et poêle biomasse : conditions Flamme Verte requises
Le chauffage biomasse reste un geste éligible au Coup de pouce en 2026. Les équipements concernés sont les chaudières à granulés de bois, les poêles à granulés, les inserts et les chaudières à bûches — à condition de porter le label Flamme Verte 7 étoiles géré par l’Ademe, ou de justifier de performances équivalentes définies par arrêté.
Ce label atteste que l’équipement respecte des seuils d’émission de particules fines et un rendement minimal. Un poêle ou une chaudière sans cette certification ne peut pas bénéficier de la bonification Coup de pouce, même s’il génère des CEE classiques.
Les montants pour la biomasse sont généralement inférieurs à ceux des PAC, car les économies d’énergie calculées sur la période de référence sont moins importantes. À titre indicatif, un poêle à granulés installé en remplacement d’un chauffage électrique ou d’une chaudière fioul produit entre 600 et 1 800 € de prime CEE Coup de pouce selon la zone climatique H1/H2/H3 et la surface chauffée du logement.
Zone climatique H1, H2 ou H3 : impact sur le calcul de la prime
Depuis la réforme du mode de calcul des aides Coup de pouce en 2026, la prime n’est plus un forfait fixe national mais le résultat d’un calcul intégrant quatre paramètres : la zone climatique du logement (H1, H2 ou H3), la surface chauffée, l’ETAS de l’équipement installé, et le coefficient de bonification du geste concerné.
La zone H1 regroupe les régions les plus froides (nord-est, Massif Central, Alpes) ; la H2 les régions tempérées (Bassin parisien, façade atlantique, Rhône-Alpes inférieur) ; la H3 les zones méditerranéennes et la Corse. La zone H1 génère les volumes CEE les plus importants, car les économies d’énergie y sont statistiquement plus élevées. Un logement de 120 m² en zone H1 peut générer 20 à 40 % de CEE supplémentaires par rapport au même logement en zone H3.
Pour estimer votre prime avant de vous engager, plusieurs simulateurs en ligne (Sonergia, Hellio, Cap Rénov’) permettent d’entrer surface, code postal, équipement envisagé et revenus pour obtenir une fourchette indicative. Ce calcul reste provisoire jusqu’à la signature d’une offre ferme avec un délégataire agréé.
PAC air/air, hybride et Coup de pouce Isolation : ce qui ne fonctionne plus
Plusieurs gestes ont été exclus du dispositif au fil des périodes. En juin 2022, le Coup de pouce Isolation — qui bonifiait l’isolation des combles perdus, des murs par l’extérieur et des planchers bas — a pris fin. Depuis cette date, l’isolation reste finançable via les CEE classiques et MaPrimeRénov’, mais sans le coefficient de bonification spécifique.
Depuis le 1er janvier 2026, deux types d’équipements supplémentaires ont été retirés du Coup de pouce Chauffage :
- Les PAC air/air : elles ne chauffent pas le logement via un circuit hydraulique et ne remplacent pas un système de chauffage central. Elles restent éligibles aux CEE classiques dans certains cas, mais sans bonification.
- Les PAC hybrides (PAC couplée à une chaudière à gaz) : exclues depuis le 1er janvier 2026 dans le cadre de la 6e période, car elles maintiennent une dépendance partielle au gaz fossile.
La chaudière à gaz à condensation, même à haute performance, n’est plus éligible au Coup de pouce depuis plusieurs années. La page officielle du Ministère de la Transition écologique sur le Coup de pouce Chauffage détaille les opérations éligibles et leurs conditions techniques.
Approbation ADEME des pompes à chaleur : calendrier 2026
Une exigence nouvelle s’applique progressivement aux PAC air/eau bénéficiant du Coup de pouce Chauffage : l’approbation par l’Ademe. Ce mécanisme vise à garantir que les équipements installés respectent des critères de qualité et, partiellement, une fabrication localisée en Europe au niveau d’une étape significative d’assemblage du circuit frigorigène.
La liste des modèles approuvés par l’Ademe est attendue à partir du 1er juillet 2026. L’approbation devient obligatoire pour les chantiers dont la date d’engagement (signature du document d’engagement CEE) intervient à compter du 1er septembre 2026.
En pratique : si vous signez votre engagement CEE avant le 1er septembre 2026, vous n’êtes pas soumis à cette obligation d’approbation. Si vous attendez l’automne 2026, vérifiez impérativement auprès de votre installateur que le modèle de PAC proposé figure sur la liste officielle Ademe avant de signer. À défaut, la prime Coup de pouce pourrait être refusée lors de la vérification du dossier.
Cumul Coup de pouce et MaPrimeRénov’ : plafonds et règles 2026
Le CEE Coup de pouce est cumulable avec MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et les aides des collectivités locales, mais le total des aides perçues est plafonné selon les ressources :
- 90 % de la dépense éligible pour les ménages aux ressources très modestes
- 75 % pour les ménages modestes
- 60 % pour les ménages intermédiaires
Le reste à charge minimum est donc de 10 % pour les foyers les plus aidés — y compris après cumul de toutes les aides. Ce plafond s’applique à l’ensemble des financements reçus sur un même geste : MaPrimeRénov’ + CEE Coup de pouce + aide locale ne peuvent pas dépasser ce pourcentage de la dépense TTC.
Une différence importante : MaPrimeRénov’ est conditionnée aux ressources et au statut de propriétaire occupant ou bailleur. Les CEE, eux, sont accessibles à tous — propriétaires, locataires, copropriétaires — sans plafond de revenus bloquant. Dans certaines configurations, un locataire peut percevoir une part des CEE si les travaux sont réalisés avec l’accord écrit du bailleur, bien que cette pratique doive être encadrée contractuellement pour éviter tout litige.
Le Parcours accompagné Anah (rénovation d’ampleur) intègre les CEE directement dans le dossier de subvention : l’Anah agrège MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur et les CEE en un seul versement. Dans le parcours classique (par geste), les CEE sont négociés séparément auprès d’un délégataire, indépendamment de la demande MaPrimeRénov’.
Démarches avant les travaux : ordre chronologique et pièges courants
La règle fondamentale du dispositif CEE est que l’engagement de l’opération doit précéder le début des travaux. Avant de signer un bon de commande ou de laisser démarrer le chantier, vous devez :
- Obtenir au moins un devis d’un professionnel certifié RGE, mentionnant les caractéristiques techniques de l’équipement (ETAS, puissance nominale)
- Signer avec le délégataire CEE un document formalisant votre engagement dans l’opération — c’est cette date qui sera retenue pour déterminer l’éligibilité et le calcul de la prime
- Ne pas démarrer les travaux avant d’avoir reçu la confirmation écrite du délégataire
Après les travaux, les pièces généralement demandées sont : la facture acquittée avec mentions légales (référence RGE, caractéristiques équipement), l’attestation sur l’honneur de réalisation de l’opération, et une copie du certificat RGE de l’installateur. Certains délégataires demandent également une photo de la plaque signalétique de l’équipement. Le versement intervient généralement dans les deux à six mois suivant la transmission des pièces complètes.
Pour identifier un professionnel RGE et simuler les aides disponibles selon votre situation, le service public France Rénov’ propose un accompagnateur rénov’ gratuit et un outil de simulation en ligne. La fiche pratique de service-public.fr sur les CEE détaille également les droits et recours en cas de litige avec un délégataire.
Questions fréquentes sur les CEE Coup de pouce
Le CEE Coup de pouce concerne-t-il uniquement la résidence principale ?
Oui, pour les particuliers. Le Coup de pouce Chauffage s’applique à la résidence principale occupée depuis plus de deux ans. Les résidences secondaires ne sont pas éligibles à la bonification Coup de pouce, bien qu’elles puissent bénéficier de CEE classiques sous conditions. Pour les immeubles collectifs, un dispositif spécifique « Coup de pouce Chauffage des bâtiments résidentiels collectifs et tertiaires » existe en parallèle.
Puis-je toucher les CEE si je suis locataire et que mon propriétaire refuse les travaux ?
Non. Les travaux doivent être réalisés avec l’accord du propriétaire (ou être décidés par lui). Si le propriétaire refuse les travaux, vous ne pouvez pas solliciter les CEE. En revanche, si votre propriétaire réalise les travaux, il peut vous reverser une partie de la prime CEE — ce qui doit être formalisé par écrit pour éviter tout conflit.
Quelle différence entre un délégataire CEE et un obligé ?
Un obligé est un fournisseur d’énergie tenu par la réglementation de financer des économies d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies, etc.). Un délégataire est un intermédiaire agréé (Effy, Hellio, Sonergia, Ekwateur, etc.) à qui l’obligé délègue tout ou partie de ses obligations. Les délégataires peuvent parfois proposer des primes supérieures aux obligés car ils agrègent les volumes CEE de plusieurs fournisseurs.
Les travaux doivent-ils être réalisés par un professionnel RGE ?
Oui, c’est une condition absolue pour les CEE Coup de pouce. La certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) de l’installateur est vérifiée par le délégataire au moment de la validation du dossier. Sans cette certification, la prime ne peut pas être versée, quel que soit le montant de la facture. La validité du certificat RGE à la date des travaux est également contrôlée.
Peut-on cumuler les CEE Coup de pouce avec un éco-PTZ ?
Oui, sans restriction de principe. L’éco-prêt à taux zéro peut financer le reste à charge après MaPrimeRénov’ et CEE, jusqu’à 50 000 € sur 20 ans, sans condition de revenus. Ce cumul est explicitement autorisé par la réglementation France Rénov’. La banque demande généralement une attestation d’éligibilité aux CEE ou à MaPrimeRénov’ pour accorder l’éco-PTZ.
Que se passe-t-il si j’ai déjà une PAC installée ?
Le Coup de pouce Chauffage finance le remplacement d’un système de chauffage fossile (gaz, fioul, charbon) par une PAC. Si vous avez déjà une PAC en fonctionnement, vous ne pouvez pas bénéficier du Coup de pouce pour son remplacement par un modèle plus récent, sauf changement de technologie — par exemple, passage d’une PAC air/air à une PAC air/eau avec circuit hydraulique.
Le Coup de pouce Isolation est-il toujours disponible en 2026 ?
Non. Le Coup de pouce Isolation, qui bonifiait les travaux d’isolation des combles perdus, des murs et des planchers bas, a pris fin en juin 2022. L’isolation reste éligible aux CEE classiques et à MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur en 2026, mais sans le coefficient de bonification spécifique au dispositif Coup de pouce. Pour les travaux d’isolation, les CEE classiques sont négociés directement avec un délégataire sans passer par le dispositif Coup de pouce.
Aller plus loin sur les aides à la rénovation énergétique
Les CEE Coup de pouce s’articulent avec plusieurs autres dispositifs fiscaux et réglementaires. Ces articles vous aideront à construire un plan de financement complet avant de vous engager :
- Toutes les aides financières pour la rénovation énergétique : MaPrimeRénov’, éco-PTZ et subventions locales
- Isolation thermique par l’extérieur (ITE) : coût 2026 et aides CEE cumulables avec MaPrimeRénov’
- Réglementation passoires thermiques F et G : obligations et plan de rénovation aidée 2026
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