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Vocabulaire de la Façade en Architecture : Termes Essentiels

Temps de lecture : 11 minutes

Vous déposez un dossier de permis de construire et l'instructeur vous demande de préciser le "traitement des bandeaux" ou le "type d'encadrement des baies". Ces termes techniques peuvent dérouter. Pourtant, maîtriser le vocabulaire architectural des façades est indispensable pour rédiger la notice descriptive (PCMI4), échanger avec votre architecte ou comprendre les prescriptions du PLU. Ce lexique recense les termes essentiels, illustrés par leur usage concret dans un dossier d'urbanisme.

Sommaire

  1. Pourquoi connaître le vocabulaire de façade ?
  2. Les éléments structurels de la façade
  3. Ouvertures et menuiseries
  4. Éléments décoratifs et ornements
  5. Matériaux et finitions
  6. Erreurs fréquentes dans les descriptions
  7. Questions fréquentes
  8. Conclusion

Pourquoi connaître le vocabulaire de façade ?

L'enjeu pour votre permis de construire

La notice descriptive (PCMI4) exige de décrire les choix architecturaux : matériaux de façade, traitement des ouvertures, coloris. Les plans de façade doivent être cotés et légendés avec précision.

Un dossier utilisant le bon vocabulaire inspire confiance à l'instructeur et réduit les demandes de pièces complémentaires. À l'inverse, des termes vagues ou erronés peuvent faire douter de la qualité du projet.

L'utilité pour communiquer avec les professionnels

Que vous travailliez avec un architecte DPLG, un architecte HMONP ou un cabinet d'architecture, parler le même langage facilite les échanges. Le recours à un architecte est obligatoire au-delà de 150 m² de surface de plancher, mais même en-dessous de ce seuil, vous pouvez faire appel à une agence d'architecture pour dessiner vos plans.

Les artisans (maçons, menuisiers, façadiers) utilisent également ce vocabulaire. Comprendre leurs devis évite les malentendus.

Le cadre réglementaire

L'article R431-8 du Code de l'urbanisme impose que les plans de façade représentent "l'aspect extérieur de la construction avec ses dimensions et l'indication des matériaux et couleurs". Le vocabulaire architectural permet de répondre à cette exigence.

Les éléments structurels de la façade

Soubassement

Partie inférieure de la façade, en contact avec le sol. Le soubassement protège des remontées d'humidité et des éclaboussures. Il est souvent traité différemment du reste de la façade (enduit plus foncé, parement pierre, etc.).

Dans la notice : "Soubassement en enduit gratté ton pierre naturelle, hauteur 40 cm au-dessus du terrain naturel."

Bandeau

Moulure horizontale en légère saillie qui divise la façade en registres. Le bandeau marque souvent la séparation entre les étages ou entre le soubassement et le corps de façade.

Exemple : un bandeau filant en béton moulé peut souligner le passage du RDC à l'étage.

Corniche

Élément horizontal en saillie marquant le couronnement de la façade, à la jonction avec la toiture. La corniche assure aussi un rôle technique en éloignant les eaux de pluie de la façade.

Matériaux courants : pierre, béton moulé, bois, zinc.

Pignon

Partie supérieure triangulaire d'un mur de façade délimitée par les pentes du toit. Le pignon peut être "découvert" (visible) ou "couvert" (caché par un débord de toiture).

À préciser dans la notice : traitement du pignon (enduit, bardage, etc.).

Acrotère

Muret bordant une toiture-terrasse ou masquant les éléments techniques en toiture. L'acrotère prolonge la façade au-dessus du niveau de la couverture.

Hauteur courante : 30 cm à 1 m selon l'effet recherché.

Retrait / Ressaut

Un retrait crée un décroché vers l'intérieur de la façade. Un ressaut est un décroché vers l'extérieur (avancée). Ces jeux de volumes animent la façade.

Impact urbanistique : un ressaut peut impacter l'emprise au sol et les distances aux limites séparatives.

Ouvertures et menuiseries

Baie

Ouverture pratiquée dans une façade pour recevoir une fenêtre, une porte ou une porte-fenêtre. La baie se définit par ses dimensions (largeur × hauteur) et son allège.

Allège

Partie du mur située sous une fenêtre, entre le plancher et l'appui de fenêtre. Une allège basse (30-40 cm) caractérise une porte-fenêtre. Une allège haute (90-100 cm) est typique d'une fenêtre standard.

Réglementation : le Code civil impose des allèges de 90 cm minimum pour les vues directes sur le voisin (ou garde-corps si allège inférieure).

Linteau

Élément horizontal porteur situé au-dessus d'une baie. Le linteau supporte le poids de la maçonnerie au-dessus de l'ouverture.

Types : linteau droit (horizontal), linteau en arc (cintré), linteau en bois apparent.

Appui de fenêtre (ou rejingot)

Pièce inclinée vers l'extérieur placée au bas de la fenêtre. L'appui évacue l'eau de pluie et protège la façade.

Matériaux : pierre, béton préfabriqué, aluminium, zinc.

Encadrement

Ensemble des éléments qui bordent une baie : linteau, jambages (côtés verticaux), appui. L'encadrement peut être en saillie, en creux, ou à fleur de façade.

Exemple de description : "Fenêtres avec encadrements en pierre reconstituée en légère saillie (5 cm)."

Meneau et traverse

Le meneau est un élément vertical divisant une baie. La traverse est un élément horizontal. Ces éléments structurent les grandes baies vitrées.

Usage : les baies à meneaux caractérisent l'architecture traditionnelle et les bâtiments historiques.

Imposte

Partie fixe vitrée située au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre. L'imposte apporte de la lumière supplémentaire.

Volet

Dispositif de fermeture mobile extérieur des baies. Types principaux :

  • Volets battants : deux vantaux se rabattant de chaque côté
  • Volets roulants : enroulement dans un coffre (en tableau ou en façade)
  • Persiennes : volets à lames horizontales fixes ou orientables

À préciser : matériau (bois, aluminium, PVC), couleur RAL, type de pose.

Éléments décoratifs et ornements

Modénature

Ensemble des éléments en relief (moulures, bandeaux, corniches) qui animent une façade. La modénature crée des jeux d'ombre et de lumière.

En zone ABF : la modénature peut être imposée ou interdite selon le caractère du secteur.

Fronton

Élément décoratif triangulaire ou courbe couronnant une baie, une porte ou un avant-corps. Le fronton évoque l'architecture classique.

Chaînage d'angle

Éléments verticaux (souvent en pierre ou simulés) disposés aux angles du bâtiment. Le chaînage d'angle structure visuellement la façade.

En rénovation : la conservation ou la création de chaînages peut être demandée en secteur patrimonial.

Claustra

Paroi ajourée en bois, métal ou béton. Les claustras créent des filtres visuels tout en laissant passer la lumière.

Usage : brise-vue pour terrasses, garde-corps ajourés, séparations.

Garde-corps

Barrière de protection devant les fenêtres, balcons ou terrasses. Le garde-corps est obligatoire dès que la hauteur de chute dépasse 1 m.

Hauteur réglementaire : 1 m minimum (NF P01-012).

Console

Support en saillie fixé au mur pour porter un balcon, une corniche ou un auvent. Les consoles peuvent être décoratives (moulurées) ou techniques (acier).

Marquise

Auvent vitré au-dessus d'une porte d'entrée. La marquise protège des intempéries et signale l'entrée.

Matériaux et finitions

Enduit

Revêtement à base de mortier (ciment, chaux) appliqué sur la maçonnerie. L'enduit protège et décore la façade.

Finitions courantes :

  • Enduit taloché : surface lisse
  • Enduit gratté : surface striée
  • Enduit ribbé : rainures régulières
  • Enduit projeté (ou tyrolien) : texture granuleuse

À préciser dans la notice : type d'enduit, finition, teinte (référence RAL ou nuancier fabricant).

Bardage

Revêtement de façade en éléments assemblés. Matériaux : bois (mélèze, douglas, red cedar), métal (zinc, acier, aluminium), composite, PVC.

Sens de pose : horizontal (clin), vertical, diagonal.

Le bardage bois est soumis aux règles du PLU (certains secteurs l'interdisent ou l'imposent).

Parement

Revêtement mince imitant la pierre, la brique ou d'autres matériaux. Le parement habille une façade sans épaisseur structurelle.

Exemple : parement pierre naturelle collé sur isolant.

Pierre de taille

Blocs de pierre taillés avec précision, appareillés pour former une façade. La pierre de taille est caractéristique de l'architecture classique et patrimoniale.

En ABF : les restaurations peuvent imposer la pierre de taille à l'identique.

Brique

Élément de maçonnerie en terre cuite. La brique peut être apparente (brique de parement) ou enduite.

Types : brique pleine, brique creuse, brique de parement.

Ensemble des éléments ouvrants et dormants des baies : fenêtres, portes, portes-fenêtres.

À préciser : matériau (bois, aluminium, PVC, mixte), coloris (intérieur/extérieur), type d'ouvrant (à la française, coulissant, oscillo-battant).

Erreurs fréquentes dans les descriptions

Erreur n°1 : Vocabulaire imprécis

Écrire "fenêtres standards" ou "façade classique" n'apporte aucune information à l'instructeur. Préférez : "Fenêtres aluminium à frappe, 2 vantaux, RAL 7016 gris anthracite, allège 1 m."

Erreur n°2 : Oublier les cotes sur les plans de façade

Les plans de façade cotés doivent indiquer les hauteurs (soubassement, appuis, linteaux, acrotère), les largeurs de baies et les entraxes.

Utilisez un logiciel de plan de masse pour produire des documents précis.

Erreur n°3 : Incohérence entre plans et notice

Si vous décrivez un bardage bois dans la notice (PCMI4) mais que les plans montrent un enduit, le dossier sera retourné pour mise en cohérence.

Solution : relisez notice et plans ensemble avant dépôt.

Erreur n°4 : Ignorer les prescriptions du PLU

Le règlement de zone peut imposer des matériaux (enduit obligatoire), des coloris (nuancier communal), des éléments (volets battants en centre ancien).

Consultez le PLU AVANT de finaliser vos plans de façade.

Erreur n°5 : Plans de façade incomplets

Les quatre façades (nord, sud, est, ouest) doivent être représentées, même si certaines sont aveugles. Ajoutez une cinquième élévation si le bâtiment présente un décrochement important.

Le document PCMI6 (insertion paysagère) doit montrer le projet dans son environnement, avec les façades visibles depuis l'espace public.

Questions fréquentes

Construire sans architecte est-ce possible ?

Oui, le permis sans architecte est autorisé si la surface de plancher totale après travaux reste inférieure ou égale à 150 m² (article R431-2 du Code de l'urbanisme). Une maison de 140 m² peut être conçue par vous-même ou un dessinateur. En revanche, une extension de 30 m² sur une maison de 130 m² (total 160 m²) imposera le recours à un architecte inscrit à l'Ordre.

Combien coûte un architecte pour des plans de façade ?

Les honoraires d'un cabinet d'architecte varient selon l'étendue de la mission. Pour un dossier de permis seul (plans + notice), comptez 2 000 à 5 000 € pour une maison individuelle standard. Une mission complète (conception + suivi chantier) représente 8 à 12% du montant des travaux. Demandez plusieurs devis et vérifiez les références du professionnel.

Architecte obligatoire à partir de quelle surface ?

Le seuil architecte est fixé à 150 m² de surface de plancher totale (existant + projet). Ce seuil s'applique uniquement aux permis de construire, jamais aux déclarations préalables. Attention : c'est la surface totale qui compte, pas seulement la surface créée. Pour les exploitations agricoles, le seuil est porté à 800 m².

Quelle différence entre architecte DPLG et architecte DE ou HMONP ?

L'architecte DPLG (Diplômé Par Le Gouvernement) est le titre historique délivré jusqu'en 2007. Depuis la réforme LMD, le diplôme d'État (DE) sanctionne 5 ans d'études. L'habilitation HMONP (Habilitation à la Maîtrise d'Œuvre en Nom Propre) permet ensuite l'exercice en propre. Tous trois peuvent signer un permis de construire, à condition d'être inscrits à l'Ordre des architectes.

Architecte ou maître d’œuvre : quelle différence ?

L'architecte est un professionnel diplômé et inscrit à l'Ordre, seul habilité à signer les permis au-delà de 150 m². Le maître d'œuvre est un terme générique désignant celui qui coordonne le chantier : cela peut être un architecte, mais aussi un ingénieur, un économiste de la construction ou un entrepreneur. Seul l'architecte DPLG/DE/HMONP inscrit peut utiliser le titre "architecte".

Comment choisir un architecte pour ma maison ?

Vérifiez l'inscription à l'Ordre des architectes sur le site architectes.org. Consultez les réalisations (portfolio) pour voir si le style correspond à vos attentes. Demandez des références de clients récents et rencontrez plusieurs agences d'architecture avant de vous décider. Comparez les honoraires mais aussi l'étendue des missions proposées (esquisse, permis, suivi de chantier).

Quels documents l’architecte doit-il fournir pour le permis ?

Pour un permis maison individuelle, l'architecte établit les pièces PCMI1 à PCMI8 : plan de situation, plan de masse coté, plan en coupe, notice descriptive, plans de façades et toitures, insertion paysagère, photographies. Il remplit également le formulaire CERFA et signe en qualité d'architecte. En fin de chantier, il peut attester la conformité via le CERFA 13408.

Conclusion

Maîtriser le vocabulaire architectural des façades facilite la rédaction de votre dossier de permis et vos échanges avec les professionnels. Retenez ces points essentiels :

Les éléments structurels (soubassement, bandeau, corniche, pignon) définissent la composition de la façade.

Les ouvertures (baies, linteaux, appuis, encadrements) doivent être précisément décrites et cotées.

Les matériaux et finitions (enduit, bardage, pierre) sont à spécifier avec références de teintes.

Consultez le PLU de votre commune pour connaître les éventuelles prescriptions (nuancier, volets, modénature). Un dossier bien rédigé, utilisant le vocabulaire approprié, sera instruit plus rapidement.

Pour un projet dépassant le seuil de 150 m², le recours architecte devient obligatoire. Même en dessous, faire appel à un professionnel garantit des plans de façade conformes et esthétiques.


Sources : Code de l'urbanisme (articles R431-8 à R431-10), Ordre des architectes, Service-public.fr