Comment Faire un Plan de Masse Soi-Même : Tutoriel PCMI2
Temps de lecture : 14 minutes
Le plan de masse bloque votre dossier permis de construire. Vous avez le terrain, le projet en tête, mais représenter l'implantation sur un plan coté vous semble insurmontable. Bonne nouvelle : avec les bons outils et une méthode structurée, réaliser un plan de masse PCMI2 soi-même est accessible à tout pétitionnaire motivé. Ce tutoriel plan de masse détaille chaque étape, du relevé du terrain au dessin final prêt à déposer. Pas besoin d'être architecte ni de maîtriser AutoCAD — un simple logiciel gratuit et de la rigueur suffisent pour produire un document recevable. Suivez ce pas-à-pas et votre demande de permis de construire aura un PCMI2 conforme aux exigences des instructeurs.
Sommaire
- Qu'est-ce que le plan de masse PCMI2 ?
- Matériel et outils nécessaires
- Étape 1 : Collecter les documents de base
- Étape 2 : Relever le terrain
- Étape 3 : Dessiner le fond de plan
- Étape 4 : Implanter le projet
- Étape 5 : Ajouter les cotations et annotations
- Étape 6 : Vérifier et finaliser
- Cas pratiques et exemples
- Erreurs à éviter
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qu'est-ce que le plan de masse PCMI2 ?
Le plan de masse est la pièce PCMI2 du dossier de permis de construire maison individuelle. Ce document graphique montre l'implantation du projet sur le terrain, vu de dessus, avec toutes les dimensions nécessaires à l'instruction.
Contenu obligatoire
Selon l'article R431-9 du Code de l'urbanisme, le plan de masse doit faire apparaître :
- Les limites du terrain et ses dimensions
- L'implantation des constructions existantes (si concerné)
- L'implantation du projet avec ses dimensions
- Les distances aux limites de propriété et à la voie
- Les accès véhicules et piétons
- Le tracé des réseaux (eau, électricité, assainissement)
- L'orientation nord
- L'échelle du plan
Le plan doit être coté en trois dimensions : longueur, largeur et hauteur du projet. L'instructeur de la commune utilise ces cotes pour vérifier le respect du PLU.
Quand le faire soi-même ?
Réaliser son plan de masse soi-même est pertinent dans ces situations :
| Situation | Faire soi-même ? | Raison |
|---|---|---|
| Maison < 150 m², terrain simple | ✓ Oui | Architecte non obligatoire, projet standard |
| Extension < 40 m² en zone U | ✓ Oui | Déclaration préalable ou PC sans architecte |
| Terrain plat, limites claires | ✓ Oui | Relevé facile |
| Maison > 150 m² | ✗ Non | Architecte obligatoire, il fait les plans |
| Terrain en pente, géologie complexe | ✗ Mieux vaut un pro | Relevé technique |
Pour savoir comment faire un permis de construire dans les règles, le plan de masse est souvent la pièce la plus technique à produire soi-même.
Différence avec les autres plans
Le dossier permis de construire comprend plusieurs plans graphiques :
- PCMI2 (plan de masse) : vue de dessus, implantation sur le terrain
- PCMI3 (plan de coupe) : vue en section verticale
- PCMI5 (façades) : élévations de chaque côté du bâtiment
- PCMI6 (insertion) : photomontage dans l'environnement
Chaque plan a son rôle. Le plan de masse est le premier que l'instructeur examine pour vérifier les distances et l'emprise.
Matériel et outils nécessaires
Option 1 : Dessin traditionnel
Pour un plan simple, papier et crayon peuvent suffire :
- Papier millimétré format A3 ou A2
- Règle graduée 50 cm minimum
- Équerre et rapporteur
- Compas pour les arcs de cercle
- Crayon HB et gomme
- Feutres fins pour le tracé définitif (0.2 mm et 0.5 mm)
Coût : moins de 20 €. Temps : 3 à 5 heures pour un plan soigné.
Option 2 : Logiciel gratuit
Les logiciels de dessin offrent précision et facilité de modification :
SketchUp Free (gratuit, web)
- Interface intuitive
- Export PDF
- Idéal pour les débutants
LibreCAD (gratuit, desktop)
- Logiciel de CAO 2D
- Cotations automatiques
- Courbe d'apprentissage plus longue
QCAD (gratuit avec version payante)
- Professionnel mais accessible
- Précision millimétrique
Coût : 0 €. Temps d'apprentissage : 2 à 4 heures.
Option 3 : Logiciel payant
Pour un résultat professionnel :
- AutoCAD LT : environ 500 €/an, standard du secteur
- DraftSight : environ 100 €/an, alternative abordable
Ces outils se justifient si vous avez plusieurs projets ou un usage professionnel.
Outils de mesure terrain
Pour le relevé sur place :
- Mètre laser (30-50 €) : précision 1-2 mm, indispensable
- Décamètre (10 €) : complément pour les grandes distances
- Piquets et ficelle : pour matérialiser les points de référence
- Smartphone avec GPS : pour localisation approximative
- Niveau à bulle ou laser : pour vérifier l'horizontalité
Étape 1 : Collecter les documents de base
Avant de dessiner, rassemblez les informations existantes sur le terrain.
Plan cadastral
Téléchargez gratuitement le plan cadastral sur cadastre.gouv.fr :
- Recherchez votre commune
- Entrez l'adresse ou la référence parcellaire
- Affichez la parcelle
- Imprimez ou exportez en PDF
Le plan cadastral donne :
- Les limites de la parcelle (attention : précision limitée, environ 50 cm)
- Les références (section, numéro)
- La surface cadastrale
- Les parcelles voisines
Limite : l'échelle cadastrale (1/1000 à 1/5000) est insuffisante pour un plan de masse. Ce document sert de référence, pas de fond de plan direct.
Règlement du PLU
Consultez le PLU en ligne sur le site de votre commune ou de l'intercommunalité. Identifiez :
- La zone de votre terrain (U, AU, A, N)
- Les règles d'implantation (articles 6 et 7)
- L'emprise au sol maximale (article 9)
- La hauteur maximale (article 10)
Ces règles déterminent où et comment placer le projet sur le terrain.
Bornage existant
Si un bornage a été réalisé, récupérez le procès-verbal auprès du géomètre ou au service du cadastre. Ce document donne les coordonnées exactes des bornes et les distances entre elles.
Sans bornage, les limites sont incertaines. Pour un projet proche des limites séparatives, un bornage (800 à 2000 €) sécurise le dossier.
Acte de propriété
L'acte notarié mentionne parfois des servitudes (passage, vue, réseaux) qui contraignent l'implantation. Vérifiez ces informations avant de positionner le projet.
Étape 2 : Relever le terrain
Le relevé consiste à mesurer les dimensions réelles du terrain pour les reporter sur le plan.
Méthode par triangulation
La triangulation permet de positionner n'importe quel point à partir de deux points de référence connus :
- Identifiez deux points fixes : angles de la parcelle, bornes, coins de bâtiment existant
- Mesurez la distance entre ces deux points (base de référence)
- Pour chaque nouveau point, mesurez la distance depuis chacun des deux points de référence
- Sur le plan, tracez deux arcs de cercle aux distances mesurées : leur intersection donne la position du point
Cette méthode fonctionne avec un simple mètre et garantit une bonne précision.
Relevé des limites
Parcourez le périmètre du terrain en mesurant :
- Chaque côté de la parcelle
- Les angles (avec un rapporteur ou par triangulation)
- La position des bornes visibles
Notez tout dans un carnet avec un croquis coté. Prenez des photos des bornes et repères.
Relevé des constructions existantes
Si le terrain comporte des bâtiments :
- Dimensions hors tout de chaque construction
- Position par rapport aux limites
- Hauteur (mesurez avec un mètre laser en oblique ou estimez par rapport aux niveaux)
Relevé des réseaux
Repérez les arrivées et sorties :
- Compteur d'eau et vanne d'arrêt
- Coffret électrique et gaine
- Regard d'assainissement
- Regard d'eaux pluviales
- Coffret télécom/fibre
Mesurez leur position par triangulation depuis les points de référence.
Cas du terrain en pente
Pour un terrain en dénivelé, relevez également les altitudes relatives :
- Niveau du point bas (référence = 0)
- Niveau des autres angles
- Courbes de niveau si pente importante
Un niveau laser automatique (location 30-50 €/jour) facilite ce travail.
Étape 3 : Dessiner le fond de plan
Le fond de plan représente le terrain tel qu'il existe avant le projet.
Choisir l'échelle
L'échelle dépend de la taille du terrain et du format de papier :
| Surface terrain | Échelle recommandée | Format conseillé |
|---|---|---|
| < 300 m² | 1/100 | A3 |
| 300-800 m² | 1/200 | A3 |
| 800-2000 m² | 1/200 | A2 |
| > 2000 m² | 1/500 | A2 ou A1 |
À l'échelle 1/200, 1 cm sur le plan = 2 m réels. Cette échelle convient à la majorité des projets de maison individuelle.
Tracer les limites
- Positionnez un premier angle du terrain sur le papier (laissez des marges)
- Tracez le premier côté à l'échelle (ex : 25 m réels = 12,5 cm au 1/200)
- Reportez les angles avec le rapporteur
- Tracez les côtés suivants en vérifiant que le polygone se ferme
En logiciel, entrez directement les coordonnées ou les distances/angles.
Ajouter les éléments existants
Sur le fond de plan, représentez :
- Bâtiments existants : rectangles ou formes précises avec leurs dimensions
- Voirie : trottoir, chaussée, sens de circulation
- Végétation : arbres significatifs (cercle avec diamètre de la frondaison)
- Réseaux : traits pointillés avec légende (EU, EP, AEP, ELEC)
- Clôtures et portails : trait simple avec symbole
Utilisez des symboles conventionnels et une légende claire.
Indiquer le nord
Placez une flèche nord dans un angle du plan. L'orientation doit correspondre à la réalité (vérifiez avec une boussole ou le cadastre).
Étape 4 : Implanter le projet
L'implantation consiste à positionner la construction projetée sur le fond de plan.
Respecter les règles du PLU
Avant de dessiner, vérifiez les contraintes :
Article 6 (recul voie) : distance minimale entre la façade et l'alignement de la voie publique. Exemple : 5 m minimum.
Article 7 (recul limites) : distance aux limites séparatives. Deux cas fréquents :
- Implantation en limite autorisée (mur aveugle)
- Recul H/2 (moitié de la hauteur) avec minimum 3 m
Article 9 (emprise au sol) : pourcentage maximum du terrain constructible. Exemple : CES 0.3 sur 600 m² = 180 m² d'emprise maximum.
Positionner le bâtiment
- Tracez les limites de constructibilité : lignes à 5 m de la voie, 3 m des limites latérales, etc.
- Positionnez l'emprise du projet dans cette zone constructible
- Vérifiez les distances à chaque limite
- Ajustez si nécessaire pour optimiser l'orientation, la vue, l'accès
Dessiner les accès
Accès véhicule :
- Largeur du portail : 3,5 m minimum recommandé
- Tracé de l'allée jusqu'au garage ou stationnement
- Rayon de giration si virage
Accès piéton :
- Largeur : 1,20 m pour accessibilité PMR
- Tracé depuis la voie jusqu'à l'entrée
Tracer les réseaux projetés
Représentez le raccordement du projet aux réseaux existants :
- Eau potable : du compteur à l'entrée du bâtiment
- Électricité : du coffret au tableau électrique
- Assainissement : des évacuations au réseau collectif ou à la fosse
- Eaux pluviales : des gouttières au réseau ou à l'infiltration
Utilisez des traits pointillés différenciés et une légende.
Étape 5 : Ajouter les cotations et annotations
Les cotations transforment un simple dessin en document technique exploitable par l'instructeur.
Cotations dimensionnelles
Dimensions du projet :
- Longueur et largeur hors tout
- Hauteur au faîtage et à l'égout (mention sur le plan de masse, détail sur le plan de coupe)
Distances réglementaires :
- Distance façade avant / limite voie
- Distance façade latérale gauche / limite séparative
- Distance façade latérale droite / limite séparative
- Distance façade arrière / limite fond de parcelle
Chaque règle du PLU doit pouvoir être vérifiée avec une cote du plan.
Conventions de cotation
- Lignes de cote : traits fins avec flèches ou tirets aux extrémités
- Valeurs : en mètres avec deux décimales (5,40 m, pas 540 cm)
- Position : cotes horizontales au-dessus de la ligne, cotes verticales à gauche
- Hiérarchie : cotes principales plus visibles que cotes secondaires
Annotations obligatoires
Cartouche (encadré en bas ou à droite) :
- Nom du pétitionnaire
- Adresse du terrain
- Références cadastrales
- Nature du plan : « Plan de masse PCMI2 »
- Échelle numérique ET graphique
- Date
- Signature (si architecte obligatoire)
Légende :
- Symboles des réseaux
- Distinction existant / projeté
- Conventions de représentation
Nord : flèche orientée
Vérification des cotes
Avant de valider, contrôlez :
- Chaque dimension mesurée correspond aux valeurs du relevé
- Les cotes de distance respectent les règles du PLU
- L'emprise totale (existant + projet) est inférieure au CES maximum
- La hauteur indiquée respecte l'article 10 du PLU
Étape 6 : Vérifier et finaliser
Check-list de contrôle
Parcourez cette liste avant impression finale :
Contenu obligatoire :
- Limites du terrain cotées
- Constructions existantes représentées
- Projet coté en 3 dimensions
- Distances aux limites et à la voie
- Accès véhicules et piétons
- Réseaux existants et projetés
- Orientation nord
- Échelle numérique et graphique
- Cartouche complet
Conformité PLU :
- Recul voie respecté (article 6)
- Recul limites respecté (article 7)
- Emprise conforme (article 9)
- Hauteur conforme (article 10)
Qualité graphique :
- Traits nets et lisibles
- Cotes lisibles après impression
- Légende claire
- Pas de surcharge
Export et impression
Format fichier : PDF pour envoi numérique, taille réelle pour impression.
Impression :
- Vérifiez que l'échelle graphique mesure la bonne longueur après impression
- Imprimez sur papier blanc, minimum 80 g/m²
- Format A3 minimum pour un plan lisible
Nombre d'exemplaires : 4 minimum (5 si consultation ABF ou autre service). Prévoyez-en 6 par sécurité.
Cohérence avec les autres plans
Le plan de masse doit être cohérent avec :
- Le plan de coupe PCMI3 : mêmes dimensions, même implantation
- Les façades PCMI5 : mêmes hauteurs
- L'insertion PCMI6 : même projet
Une incohérence entre plans déclenche une demande de pièces complémentaires.
Cas pratiques et exemples
Exemple 1 : Maison 120 m² sur terrain 600 m²
Situation : construction neuve en zone UB, terrain plat rectangulaire de 20 m × 30 m.
Règles PLU :
- Recul voie : 5 m
- Recul limites : 3 m minimum
- CES : 0.30 (emprise max 180 m²)
- Hauteur : 9 m
Processus :
- Relevé du terrain : 4 angles, 4 côtés, position du compteur
- Fond de plan au 1/200 sur A3
- Zone constructible : rectangle interne à 5 m de la voie, 3 m des limites
- Implantation maison 12 m × 10 m (120 m² < 180 m² ✓)
- Cotations : 6,50 m de la voie, 3,50 m et 4,50 m des limites latérales
Résultat : plan conforme, délai permis de construire standard de 2 mois.
Exemple 2 : Extension 35 m² sur maison existante
Situation : agrandissement d'une maison de 100 m² d'emprise en zone UA (PLU avec CES 0.50).
Calcul :
- Terrain 400 m², CES 0.50 = emprise max 200 m²
- Existant 100 m² + extension 35 m² = 135 m² < 200 m² ✓
- Surface totale après travaux : 100 + 35 = 135 m² < 150 m² → architecte non obligatoire
Processus :
- Relevé de l'existant : dimensions, position sur le terrain
- Représentation de la maison existante sur le plan
- Ajout de l'extension accolée avec ses dimensions
- Vérification des distances (extension en limite latérale = mur aveugle obligatoire)
Résultat : délai permis de construire 2 mois (pas de majoration).
Exemple 3 : Projet en zone ABF
Situation : construction à 400 m d'un monument historique (périmètre ABF).
Particularités :
- Consultation obligatoire de l'Architecte des Bâtiments de France
- Délai majoré : 2 mois + 1 mois ABF = 3 mois minimum
- Attention accrue à l'insertion paysagère
Adaptations du plan de masse :
- Cotes de hauteur précises (le bâtiment ne doit pas émerger)
- Représentation du contexte élargi (bâtiments voisins, monument)
- Matériaux et couleurs conformes aux prescriptions ABF
Pour savoir si votre terrain est en zone ABF, consultez l'Atlas des patrimoines sur le site du Ministère de la Culture.
Erreurs à éviter
Erreur n°1 : Oublier l'échelle graphique
L'échelle numérique (1/200) ne suffit pas. Si le plan est photocopié ou redimensionné, elle devient fausse. L'échelle graphique (barre graduée 0-5-10 m) reste proportionnelle même après modification.
Solution : ajoutez toujours une échelle graphique en bas du plan.
Erreur n°2 : Cotations incomplètes
Un plan avec seulement les dimensions du bâtiment sera refusé. L'instructeur doit pouvoir vérifier chaque règle du PLU sans calcul.
Solution : listez les articles du PLU concernés et vérifiez qu'une cote correspond à chacun.
Erreur n°3 : Relevé approximatif
Un relevé « à vue » ou basé uniquement sur le cadastre génère des erreurs de plusieurs mètres. Un projet qui semblait conforme se retrouve trop proche d'une limite.
Solution : relevez sur place avec un mètre laser. En cas de doute sur les limites, faites borner.
Erreur n°4 : Oublier les réseaux
Le tracé des réseaux est obligatoire sur le PCMI2. Beaucoup de demandeurs l'omettent, pensant que c'est secondaire.
Solution : représentez au minimum l'arrivée d'eau, l'électricité et l'assainissement avec leur tracé jusqu'au bâtiment.
Erreur n°5 : Incohérence entre plans
Hauteur de 8 m sur le plan de masse, 8,50 m sur la coupe. Emprise de 120 m² sur le formulaire, mais 125 m² mesurés sur le plan. Ces écarts déclenchent des demandes de correction.
Solution : reportez les mêmes valeurs sur tous les documents. Vérifiez la cohérence avant dépôt.
Erreur n°6 : Format illisible
Un plan A4 pour un terrain de 1000 m² sera illisible. Des cotes en police 6 disparaissent à l'impression.
Solution : adaptez le format au terrain (A3 minimum), vérifiez la lisibilité après impression test.
Erreur n°7 : Ignorer les servitudes
Une servitude de passage coupe le terrain en deux. Une servitude de vue interdit les ouvertures côté voisin. Ces contraintes impactent l'implantation.
Solution : lisez l'acte de propriété et le certificat d'urbanisme avant de positionner le projet.
Questions fréquentes
Comment remplir le CERFA 13406 ?
Le CERFA 13406 (permis de construire maison individuelle) se remplit rubrique par rubrique : identité du pétitionnaire, localisation du terrain avec références cadastrales, description du projet (construction neuve, extension), surfaces créées. Reportez les valeurs exactes de vos plans. La notice CERFA 50794 explique chaque case. Le formulaire doit être cohérent avec le plan de masse : mêmes surfaces, mêmes dimensions.
Comment prouver l’affichage du permis ?
Pour sécuriser la preuve d'affichage et faire courir le délai de recours des tiers, plusieurs méthodes : constat d'huissier (200-400 €, le plus sûr), photos datées avec horodatage GPS, témoignages de voisins. L'installation du panneau de permis doit être faite dès réception de l'arrêté, sur un panneau réglementaire (80×80 cm minimum) visible depuis la voie publique. L'affichage doit être continu pendant toute la durée des travaux.
Comment savoir si mon terrain est en zone ABF ?
Consultez l'Atlas des patrimoines sur le site du Ministère de la Culture (atlas.patrimoines.culture.fr). Entrez l'adresse et vérifiez si le terrain est dans un périmètre de monument historique (500 m), un site patrimonial remarquable, ou une zone de présomption archéologique. Le certificat d'urbanisme mentionne également les servitudes. En zone ABF, le délai d'instruction est majoré et l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France est requis.
Comment obtenir un certificat d’accord tacite ?
Si la mairie ne répond pas dans le délai d'instruction (2 mois pour un PC maison, 3 mois avec majoration), le permis est accordé tacitement. Pour obtenir un certificat attestant cet accord, adressez une demande écrite à la mairie en rappelant la date de dépôt, le numéro d'enregistrement et le délai écoulé. La mairie a 15 jours pour vous délivrer ce certificat. En cas de refus, saisissez le préfet ou le tribunal administratif.
Comment contester un avis ABF défavorable ?
Un avis défavorable de l'ABF peut être contesté par recours auprès du Préfet de région dans les 7 jours suivant la notification. Le Préfet consulte la Commission régionale du patrimoine et de l'architecture (CRPA). Il peut confirmer, modifier ou infirmer l'avis de l'ABF. Ce recours suspend le délai d'instruction. Si l'avis défavorable est confirmé, le permis sera refusé. Alternativement, modifiez le projet pour répondre aux observations de l'ABF.
Combien coûte un plan de masse par un professionnel ?
Le prix d'un plan de masse réalisé par un géomètre varie de 400 à 1500 € selon la complexité du terrain. Un dessinateur ou bureau d'études facture 150 à 500 € pour le dessin seul (si vous fournissez les relevés). Pour un dossier complet de permis de construire (tous les plans), comptez 1500 à 3000 € sans architecte, ou 3 à 8 % du coût des travaux avec architecte obligatoire.
Peut-on modifier le plan de masse après dépôt ?
Pendant l'instruction, la mairie peut demander des pièces complémentaires ou des corrections. Après obtention, toute modification substantielle (déplacement du bâtiment, changement d'emprise) nécessite un permis modificatif. Les modifications mineures (couleurs, détails non structurants) peuvent faire l'objet d'une simple information. Un refus permis de construire pour non-conformité du plan peut être suivi d'un nouveau dépôt corrigé.
Conclusion
Réaliser un plan de masse soi-même demande méthode et rigueur, mais reste accessible pour un projet de maison individuelle sous le seuil des 150 m². Les étapes clés : collecter les documents (cadastre, PLU, bornage), relever le terrain avec précision, dessiner le fond de plan à la bonne échelle, implanter le projet en respectant les règles d'urbanisme, coter toutes les dimensions réglementaires, et vérifier la cohérence avec les autres pièces du dossier.
Les outils gratuits comme SketchUp ou LibreCAD permettent d'obtenir un résultat professionnel. L'investissement en temps (8 à 15 heures pour un premier plan) s'amortit par rapport au coût d'un prestataire (500-1500 €).
Une fois le permis obtenu, pensez à l'attestation RE2020 si votre projet dépasse 50 m² chauffés, et préparez la déclaration d'achèvement des travaux (CERFA 13408) pour la fin du chantier. Un plan de masse bien fait facilite toutes les étapes suivantes du projet et réduit le risque de refus du permis de construire.
Sources : Code de l'urbanisme (articles R431-9, R431-10), Service-public.fr, cadastre.gouv.fr
