Notice Descriptive PCMI4 : Comment la Rédiger pour votre Permis de Construire ?
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Vous constituez votre dossier de permis de construire et vous bloquez sur la notice descriptive PCMI4 ? Cette pièce obligatoire fait peur à beaucoup de particuliers. Pourtant, elle n'exige aucune compétence technique particulière : il s'agit simplement d'expliquer votre projet avec des mots. Des outils d'IA comme ChatGPT ou Claude peuvent d'ailleurs vous aider à structurer cette description, même s'ils ne remplacent pas une vérification humaine. Mal rédigée, elle déclenche des demandes de pièces complémentaires qui rallongent l'instruction de plusieurs semaines. Bien construite, elle rassure l'instructeur et facilite l'obtention de votre autorisation. La notice PCMI4 doit décrire le terrain, justifier l'implantation du bâtiment, détailler les matériaux et couleurs, et expliquer comment le projet s'insère dans son environnement. Voici comment structurer ce document pour un dossier solide dès le premier dépôt.
Sommaire
- Qu'est-ce que la notice descriptive PCMI4 ?
- Contenu obligatoire de la notice
- Comment rédiger chaque section
- Cas particuliers : ERP, ABF, accessibilité
- Exemples concrets de notices
- Erreurs à éviter
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qu'est-ce que la notice descriptive PCMI4 ?
Définition et rôle
La notice descriptive, référencée PCMI4 dans le formulaire CERFA 13406, est un document écrit qui accompagne les plans de votre demande de permis de construire pour maison individuelle. Elle remplit une fonction précise : permettre à l'instructeur de comprendre votre projet sans avoir besoin de vous appeler pour des explications.
Contrairement aux plans qui montrent le projet graphiquement, la notice descriptive l'explique avec des mots. Elle répond aux questions que l'instructeur se pose en examinant votre dossier : pourquoi avez-vous implanté la maison à cet endroit ? Quels matériaux avez-vous choisis pour la toiture ? Comment le projet respecte-t-il le caractère du quartier ?
Cadre réglementaire
L'article R431-8 du Code de l'urbanisme impose cette pièce pour toute demande de permis de construire. Son absence rend le dossier incomplet et déclenche automatiquement une demande de pièces complémentaires, ce qui suspend le délai d'instruction du permis de construire.
Pour un permis de construire classique, le délai est de 2 mois. Mais une notice descriptive insuffisante peut facilement ajouter 1 à 2 mois supplémentaires si l'instructeur demande des compléments.
| Situation | Impact sur le délai |
|---|---|
| Notice complète et claire | 2 mois (délai normal) |
| Notice incomplète | +1 mois minimum (demande de compléments) |
| Notice absente | Dossier incomplet, délai suspendu |
| Projet en zone ABF | 3 mois (consultation ABF) |
Différence avec les autres notices
Attention à ne pas confondre la notice PCMI4 avec d'autres documents similaires :
Notice PCMI4 (notice descriptive du projet) : obligatoire pour tout permis de construire maison individuelle. Décrit le terrain, l'implantation, les matériaux et l'insertion paysagère.
Notice de sécurité ERP : document spécifique aux Établissements Recevant du Public. Elle décrit les dispositions de sécurité incendie (dégagements, désenfumage, moyens de secours). Le dossier sécurité incendie est requis uniquement pour les ERP, pas pour une maison individuelle.
Notice accessibilité PMR : obligatoire pour les ERP et les logements collectifs. Elle détaille les cheminements accessibles aux personnes handicapées, le stationnement adapté, les sanitaires PMR.
Notice PA2 : équivalent de la PCMI4 pour les permis d'aménager (lotissements).
Contenu obligatoire de la notice
Les trois parties réglementaires
L'article R431-8 structure la notice descriptive en trois volets distincts :
1. Présentation de l'état initial du terrain
Cette section décrit le terrain avant travaux. Vous devez mentionner :
- La superficie exacte (selon le relevé cadastral ou le bornage)
- La topographie (plat, en pente, orienté vers le nord/sud)
- Les constructions existantes (maison à démolir, garage à conserver, etc.)
- La végétation notable (arbres à abattre ou à conserver)
- Les accès actuels depuis la voie publique
- Les réseaux disponibles (eau, électricité, assainissement collectif ou individuel)
2. Présentation du projet
Le cœur de la notice explique ce que vous allez construire :
- L'implantation du bâtiment sur la parcelle (distances aux limites, orientation)
- L'organisation des volumes (plain-pied, étage, sous-sol)
- L'accès au terrain et le stationnement prévu
- Les aménagements extérieurs (clôtures, portail, terrasse)
3. Insertion dans l'environnement
Cette partie justifie vos choix esthétiques par rapport au contexte :
- Les matériaux de façade et leur couleur
- Le type de couverture et sa teinte
- Les menuiseries extérieures
- La cohérence avec le bâti environnant
Tableau récapitulatif des éléments
| Section | Éléments obligatoires | Éléments recommandés |
|---|---|---|
| État initial | Surface, topographie, constructions existantes | Photos du terrain existant |
| Projet | Implantation, volumes, accès | Justification des choix |
| Insertion | Matériaux, couleurs, menuiseries | Références au PLU |
Comment rédiger chaque section
Section 1 : L'état initial
Commencez par les faits bruts. Exemple de rédaction :
« Le terrain, d'une superficie de 850 m² (références cadastrales : section AB, parcelle 245), présente une légère déclivité nord-sud de 1,50 m. Il est actuellement non bâti et couvert d'une végétation herbacée. Deux chênes d'environ 8 m de hauteur sont implantés en limite nord ; ils seront conservés. L'accès s'effectue par la rue des Lilas au sud. Les réseaux d'eau potable et d'électricité sont disponibles en limite de propriété. L'assainissement sera individuel (filière compacte agréée), le réseau collectif n'étant pas présent dans ce secteur. »
Section 2 : Le projet architectural
Détaillez l'implantation et la volumétrie. Reliez vos choix aux contraintes du PLU :
« La maison sera implantée à 5 m de la limite nord et à 4 m de la limite est, conformément aux dispositions de l'article UA7 du PLU qui impose un recul minimum de 3 m. Cette implantation permet de préserver les deux chênes existants et de créer un jardin au sud orienté plein soleil. »
« La construction développe 120 m² de surface de plancher sur un niveau (plain-pied). Elle comprend un volume principal rectangulaire (14 × 8 m) couvert d'une toiture à deux pans, et un volume secondaire (garage attenant de 20 m²) en toiture terrasse. La hauteur au faîtage atteint 6,50 m, inférieure au maximum de 9 m autorisé en zone UA. »
Pour une extension de 20 m², adaptez le niveau de détail à l'ampleur du projet.
Section 3 : L'insertion dans l'environnement
C'est la section la plus délicate. L'instructeur vérifie que votre projet ne dénature pas le quartier :
« Les façades seront enduites à la chaux aérienne, teinte blanc cassé (RAL 9010), en harmonie avec les constructions voisines qui présentent majoritairement des enduits clairs. La couverture en tuiles canal terre cuite, coloris vieilli (référence Imerys Canal S), reprend le caractère traditionnel du village. Les menuiseries aluminium gris anthracite (RAL 7016) apportent une touche contemporaine mesurée, en cohérence avec les rénovations récentes du quartier. »
Adapter la notice au type de projet
Pour un projet avec piscine, ajoutez une description du bassin et de ses équipements. Pour un bow-window, justifiez l'avancée en façade.
Cas particuliers : ERP, ABF, accessibilité
Projet en zone ABF
Si votre terrain se situe dans le périmètre d'un monument historique ou en site patrimonial remarquable, l'Architecte des Bâtiments de France examine votre dossier. La notice descriptive prend alors une importance capitale.
L'ABF attend des justifications architecturales poussées :
- Pourquoi ces matériaux plutôt que d'autres ?
- Comment le projet dialogue-t-il avec le patrimoine environnant ?
- Quelles références historiques ou locales avez-vous intégrées ?
Dans ce cas, un paragraphe spécifique s'impose :
« Le projet s'inscrit dans le périmètre de protection de l'église Saint-Pierre (XIIe siècle), classée monument historique. Les choix architecturaux visent une intégration discrète : enduit à la chaux traditionnel, tuiles canal de pays, volets battants en bois peint. La volumétrie modeste (R+combles) respecte l'échelle du bâti ancien environnant. Aucune vue directe sur le monument ne sera créée depuis la construction. »
Projet ERP : notices complémentaires
Pour un commerce, un restaurant ou tout établissement recevant du public, la notice PCMI4 ne suffit pas. Vous devez ajouter :
Notice de sécurité incendie : elle décrit les dispositions prises pour la sécurité des personnes (issues de secours, désenfumage, matériaux, alarme). La commission de sécurité l'examine avant de rendre son avis.
Notice accessibilité handicapés : elle détaille les aménagements pour les personnes à mobilité réduite (largeur des portes, sanitaires adaptés, places de stationnement PMR, signalétique).
Ces documents s'ajoutent à la notice projet aménagement classique et allongent le délai d'instruction à 5 mois. Si la commission de sécurité émet un avis défavorable, le permis sera probablement refusé.
Recours à l'architecte
Pour les projets dépassant 150 m² de surface de plancher totale après travaux, le recours à un architecte est obligatoire. Dans ce cas, c'est généralement lui qui rédige la notice descriptive. Elle prend alors une dimension plus technique et architecturale.
Le plan de masse pour permis de construire doit être cohérent avec la notice : les distances, surfaces et implantations décrites doivent correspondre exactement aux plans.
Exemples concrets de notices
Exemple 1 : Maison neuve de plain-pied (95 m²)
État initial :
« Parcelle de 620 m² située en zone UB du PLU de Sainte-Marie. Terrain plat, non bâti, anciennement exploité en jardin potager. Végétation : haie de thuyas en limite ouest (à conserver), un pommier centenaire au centre (à abattre avec autorisation). Réseaux : eau et électricité en limite, assainissement collectif existant rue des Roses. »
Projet :
« Construction d'une maison individuelle de plain-pied, 95 m² de surface de plancher, implantée à 8 m de la voie publique (minimum PLU : 5 m) et à 4 m des limites latérales (minimum : 3 m). Garage attenant de 18 m² au nord-ouest. Accès véhicules par portail coulissant au sud. Deux places de stationnement sur dalle engazonnée. »
Insertion :
« Façades : enduit monocouche ton sable (référence Weber.pral M). Toiture : tuiles mécaniques terre cuite rouge vieilli, pente 30 %. Menuiseries : PVC blanc, volets roulants intégrés. Clôture sur rue : muret enduit 0,80 m + grille métallique noire 1,20 m. Le projet s'intègre au lotissement récent dont il reprend les codes architecturaux. »
Coût estimé du projet : 180 000 € TTC hors terrain.
Exemple 2 : Extension d'une maison existante (+45 m²)
État initial :
« Maison existante de 110 m² de surface de plancher, construite en 1985. Parcelle de 1 200 m² en zone UA. Extension projetée au nord, sur l'emplacement d'une terrasse dallée existante. Un abricotier sera déplacé. »
Projet :
« Extension de 45 m² en rez-de-chaussée, comprenant une suite parentale (25 m²) et un bureau (20 m²). Toiture terrasse végétalisée, continuité du jardin existant. La surface totale après travaux atteindra 155 m², nécessitant le recours à un architecte (seuil 150 m² dépassé). Implantation à 4,50 m de la limite nord. »
Insertion :
« L'extension contemporaine dialogue avec l'existant par le choix d'un enduit identique (ton pierre). Le volume bas (3,20 m) et la toiture végétalisée minimisent l'impact visuel depuis les parcelles voisines. Menuiseries aluminium noir mat en continuité des fenêtres de la maison récemment remplacées. »
Exemple 3 : Transformation d'un garage en pièce habitable
État initial :
« Garage existant de 22 m² attenant à la maison principale. Construction 1992, parpaings enduits, toiture tuiles. Le garage dispose d'une fenêtre existante et d'une porte sectionnelle à remplacer. »
Projet :
« Transformation du garage en bureau/chambre d'amis. Remplacement de la porte sectionnelle par une baie vitrée coulissante (3 m × 2,15 m) et création d'une fenêtre supplémentaire en façade latérale (1,20 × 1,20 m). Isolation intérieure et raccordement au chauffage central existant. Pas de modification de la surface de plancher (changement de destination sans extension). »
Ce type de projet nécessite souvent une déclaration préalable plutôt qu'un permis, sauf si vous créez de la surface ou modifiez la structure.
Erreurs à éviter
1. Rédiger une notice trop vague
« La maison sera construite sur le terrain avec des matériaux de qualité. » Cette phrase n'apporte aucune information. L'instructeur demandera des précisions, retardant votre dossier.
Solution : soyez spécifique. Donnez les références exactes des matériaux, les dimensions, les couleurs RAL.
2. Contredire les plans
Si votre notice indique une distance de 5 m à la limite alors que le plan de masse montre 4,50 m, l'instructeur relèvera l'incohérence. Vérifiez la concordance entre tous les documents avant dépôt.
3. Ignorer le PLU
Votre notice doit démontrer la conformité au règlement. Citez les articles concernés : « conformément à l'article UA10 qui limite la hauteur à 9 m, le projet atteint 7,80 m au faîtage ».
4. Oublier l'insertion paysagère
Beaucoup de particuliers détaillent le projet mais négligent son intégration dans l'environnement. L'ABF et même les instructeurs classiques sont sensibles à cette dimension. Décrivez le voisinage et expliquez vos choix.
5. Copier-coller un modèle type
Les notices génériques téléchargées sur Internet sont repérées immédiatement. Elles ne correspondent jamais exactement à votre projet et à votre terrain. Rédigez une notice personnalisée, même si elle reprend une structure standard.
Sanctions en cas de travaux non conformes
Si vous réalisez des travaux différents de ce que décrit la notice (autres matériaux, autre implantation), vous êtes en infraction. Le recours des voisins peut aboutir à l'annulation du permis. Dans les cas graves, une amende jusqu'à 6 000 € par m² et une obligation de démolition peuvent être prononcées.
Questions fréquentes
Que doit contenir la notice descriptive PCMI4 ?
La notice PCMI4 doit contenir trois parties distinctes : l'état initial du terrain (superficie, topographie, constructions existantes, végétation, réseaux), la présentation du projet (implantation, volumes, organisation des espaces, accès et stationnement) et l'insertion dans l'environnement (matériaux de façade avec références précises, couleurs RAL, type de couverture, menuiseries, cohérence avec le bâti environnant). Les éléments doivent être suffisamment précis pour que l'instructeur comprenne votre projet sans avoir à vous contacter.
Comment rédiger une notice architecturale ?
Rédigez votre notice architecturale en trois temps. D'abord, décrivez factuellement le terrain (surface, pente, végétation, réseaux disponibles). Ensuite, expliquez votre projet en justifiant chaque choix d'implantation par rapport aux règles du PLU. Enfin, détaillez les matériaux et couleurs en expliquant leur cohérence avec le quartier. Utilisez des termes précis : références fabricant pour les tuiles, codes RAL pour les couleurs, dimensions exactes. Une bonne notice fait 2 à 4 pages selon la complexité du projet. Elle doit être cohérente avec tous les plans du dossier.
Comment rédiger une notice descriptive ?
Pour rédiger une notice descriptive efficace, commencez par rassembler tous les éléments : relevé cadastral, PLU de la commune, photos du terrain et du voisinage, devis des matériaux avec références. Structurez votre texte en paragraphes clairs avec des titres (État initial / Projet / Insertion). Écrivez à la troisième personne (« la construction sera implantée… ») ou à la première personne du pluriel (« nous avons choisi… »). Relisez en vérifiant que chaque affirmation correspond aux plans. Une notice bien rédigée évite les demandes de pièces complémentaires qui peuvent retarder votre permis d'un mois ou plus.
Notice architecturale : contenu obligatoire ?
Le contenu obligatoire de la notice architecturale est défini par l'article R431-8 du Code de l'urbanisme. Elle doit présenter : 1) l'état initial du terrain et ses abords (constructions, végétation, éléments paysagers) ; 2) les partis retenus pour l'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions ; 3) le traitement des clôtures et espaces libres ; 4) les matériaux et couleurs des constructions ; 5) le traitement des espaces libres, notamment les plantations. En zone ABF ou site protégé, l'insertion dans l'environnement doit être particulièrement développée avec des références au patrimoine local.
Conclusion
La notice descriptive PCMI4 n'est pas une corvée administrative à expédier. C'est votre chance d'expliquer votre projet à l'instructeur, de démontrer sa conformité au PLU et de justifier vos choix architecturaux. Une notice bien rédigée accélère l'instruction et réduit le risque de refus.
Trois conseils essentiels :
- Soyez précis : références matériaux, couleurs RAL, dimensions exactes
- Soyez cohérent : la notice doit correspondre parfaitement aux plans
- Soyez pédagogue : expliquez vos choix, ne les imposez pas
Avant de déposer votre dossier, relisez votre notice en vous mettant à la place de l'instructeur. S'il peut comprendre votre projet sans regarder les plans, vous avez réussi.
Une fois le permis obtenu, vérifiez les conditions d'application. La durée de validité du permis de construire est de 3 ans, prorogeable. En cas de non-réponse de la mairie dans le délai légal, vous pouvez bénéficier d'une autorisation tacite. Pour sécuriser cette situation, demandez un certificat de non-opposition.
Si vous vendez votre terrain avec le permis, pensez au transfert via le CERFA 13412.
Sources : Code de l'urbanisme (articles R431-8, R421-1 à R421-8), Legifrance, Service-public.fr
