CCMI : Le Contrat de Construction de Maison Individuelle Expliqué
Temps de lecture : 12 minutes
Faire construire sa maison représente souvent le projet d'une vie. Entre 180 000 et 350 000 euros engagés, des mois de travaux, et la crainte légitime de tomber sur un constructeur défaillant. Le CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle) existe précisément pour vous protéger. Instauré par la loi du 19 décembre 1990, ce contrat réglementé impose aux constructeurs des garanties que vous ne trouverez nulle part ailleurs : prix ferme et définitif, délais contractuels, garantie de livraison même en cas de faillite. Mais attention, tous les contrats proposés ne sont pas des CCMI conformes. Certains constructeurs tentent de contourner ces obligations. Voici comment reconnaître un vrai contrat CCMI, comprendre vos droits, et sécuriser votre projet de construction.
Sommaire
- Qu'est-ce que le CCMI ?
- Les deux types de CCMI
- Les garanties obligatoires du CCMI
- Procédure complète de signature
- Échelonnement des paiements
- Cas pratiques et exemples
- Erreurs à éviter
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qu'est-ce que le CCMI ?
Le Contrat de Construction de Maison Individuelle est un contrat réglementé par les articles L231-1 à L231-13 et R231-1 à R231-14 du Code de la construction et de l'habitation. Il s'applique obligatoirement dès qu'un professionnel s'engage à construire une maison individuelle ne comportant pas plus de deux logements destinés au même maître d'ouvrage.
Le cadre légal strict
La loi du 19 décembre 1990 a créé ce cadre protecteur suite aux nombreux scandales des années 1980 où des particuliers se retrouvaient avec des maisons inachevées et des constructeurs en faillite. Le contrat constructeur maison encadre désormais :
- Le contenu obligatoire du contrat
- Les garanties financières exigées
- L'échelonnement des paiements
- Les conditions de rétractation
- Les pénalités de retard
Un constructeur ne peut pas proposer un autre type de contrat pour construire votre maison individuelle. S'il le fait, le contrat sera automatiquement requalifié en CCMI par les tribunaux, avec application de toutes les protections légales.
Différence avec le contrat de maîtrise d'oeuvre
Attention à ne pas confondre le CCMI avec un contrat de maîtrise d'oeuvre. Le maître d'oeuvre (architecte ou bureau d'études) conçoit et surveille les travaux mais ne les réalise pas lui-même. Vous signez alors des marchés séparés avec chaque artisan. Cette formule offre plus de liberté mais moins de garanties financières. Pour un permis de construire de maison individuelle, les deux formules sont possibles, mais seul le CCMI offre la garantie de livraison.
Les deux types de CCMI
Le CCMI avec fourniture de plan
C'est la formule la plus courante, proposée par les constructeurs de maisons individuelles. Le CCMI avec fourniture de plan inclut :
- La conception des plans de la maison
- La réalisation des travaux de construction
- La coordination des différents corps de métier
- Toutes les garanties légales
Le constructeur propose généralement un catalogue de modèles personnalisables. Les plans sont ensuite adaptés à votre terrain et à vos souhaits. Cette formule clé en main convient parfaitement aux primo-accédants qui souhaitent déléguer la complexité technique.
Pour une maison de 120 m² en Île-de-France, comptez entre 1 800 et 2 500 euros le m², soit un budget construction de 216 000 à 300 000 euros hors terrain et frais annexes.
Le CCMI sans fourniture de plan
Moins répandu, le contrat CCMI sans fourniture de plan s'adresse aux particuliers qui font réaliser leurs plans par un architecte indépendant. Le constructeur s'engage uniquement sur la réalisation des travaux. Les garanties restent identiques, mais la responsabilité de la conception incombe à l'architecte.
Cette formule permet de bénéficier d'une architecture sur mesure tout en conservant la sécurité du CCMI pour la phase travaux. Pour toute construction neuve dépassant 150 m² de surface de plancher, le recours à un architecte est d'ailleurs obligatoire selon l'article R431-2 du Code de l'urbanisme.
Les garanties obligatoires du CCMI
La garantie de livraison à prix et délai convenus
C'est LA garantie majeure du CCMI. La garantie achèvement CCMI assure que votre maison sera terminée même si le constructeur fait faillite. Un organisme garant (banque ou compagnie d'assurance) prend le relais pour finir les travaux ou vous rembourser.
Cette garantie couvre :
- L'achèvement de la construction
- Le respect du prix contractuel
- Les pénalités de retard
- La levée des réserves à la réception
Sans cette garantie, le constructeur ne peut légalement pas signer de CCMI. Vérifiez systématiquement l'attestation de garantie de livraison avant de vous engager. Elle doit mentionner le nom du garant, son agrément, et les références du contrat couvert.
La garantie de remboursement
La garantie de remboursement CCMI ou caution CCMI protège les acomptes versés avant l'ouverture du chantier. Si les conditions suspensives ne se réalisent pas (refus de prêt, refus de permis de construire), ou si vous exercez votre droit de rétractation, vous récupérez l'intégralité des sommes versées.
Le remboursement acomptes CCMI intervient dans un délai de 21 jours après la demande. Le garant se substitue au constructeur en cas de défaillance de ce dernier.
La garantie décennale
La garantie décennale couvre pendant 10 ans après la réception tous les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Fissures structurelles, problèmes d'étanchéité, défauts d'isolation thermique majeurs sont concernés.
Le constructeur doit obligatoirement souscrire une assurance décennale. Demandez l'attestation avant signature du contrat. Cette garantie se transmet aux acquéreurs successifs pendant toute sa durée.
Les autres garanties
- Garantie de parfait achèvement (1 an) : réparation de tous les désordres signalés
- Garantie biennale (2 ans) : bon fonctionnement des équipements dissociables (volets, robinetterie, etc.)
- Responsabilité civile professionnelle : couvre les dommages causés pendant le chantier
Procédure complète de signature
Avant la signature : les vérifications essentielles
Avant de signer un contrat construction maison individuelle, effectuez ces contrôles :
- Vérifiez les attestations d'assurance : garantie de livraison, décennale, RC Pro
- Analysez la notice descriptive : chaque prestation doit être détaillée précisément
- Comparez le plan avec vos attentes : surfaces, orientations, équipements
- Étudiez le terrain : une étude de sol (étude G2) est obligatoire depuis 2020 en zone argileuse
- Consultez le PLU : votre projet doit respecter les règles locales d'urbanisme
Le constructeur doit vous remettre un dossier complet comprenant le projet de contrat, la notice descriptive, les plans, et les conditions suspensives au moins 10 jours avant la signature.
Les mentions obligatoires du contrat
Le CCMI doit impérativement contenir :
| Mention | Contenu exigé |
|---|---|
| Désignation du terrain | Références cadastrales, superficie, servitudes |
| Description de la maison | Plans, coupes, notice descriptive détaillée |
| Prix | Global, forfaitaire, ferme et définitif |
| Délai de livraison | Date de démarrage et durée des travaux |
| Pénalités de retard | 1/3000e du prix par jour de retard minimum |
| Conditions suspensives | Obtention du prêt, du permis de construire |
| Garanties | Attestations de garantie de livraison et assurances |
| Échelonnement des paiements | Selon avancement, plafonné par la loi |
Toute clause contraire aux dispositions légales est réputée non écrite.
Le dépôt du permis de construire
Le constructeur se charge généralement du dépôt du permis de construire en mairie. Le formulaire CERFA 13406*11 (anciennement PCMI) est utilisé pour les maisons individuelles. Le délai d'instruction est de 2 mois en zone standard, 3 mois en secteur protégé (ABF, site classé).
Une fois le permis accordé, un délai de 2 mois de recours des tiers court à compter de l'affichage sur le terrain. Pour sécuriser votre projet face à un éventuel recours des voisins, affichez le panneau conformément aux exigences réglementaires et faites constater cet affichage par huissier.
Le délai de rétractation
Après signature du contrat, vous disposez d'un délai de rétractation de 10 jours. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée vous notifiant le contrat, ou de sa remise en main propre.
Pendant ce délai, vous pouvez vous rétracter sans motif ni pénalité. Les acomptes éventuellement versés vous sont restitués dans les 21 jours.
Échelonnement des paiements
Les plafonds légaux
La loi encadre strictement les appels de fonds pour éviter que vous ne payiez trop par rapport à l'avancement réel du chantier. Avec garantie de remboursement, l'échelonnement maximal est le suivant :
| Étape | Plafond cumulé |
|---|---|
| Signature du contrat | 5 % |
| Obtention du permis de construire | 5 % (total 10 %) |
| Ouverture du chantier | 5 % (total 15 %) |
| Achèvement des fondations | 25 % |
| Achèvement des murs | 40 % |
| Mise hors d'eau | 60 % |
| Mise hors d'air | 75 % |
| Achèvement des cloisons | 85 % |
| Achèvement des travaux d'équipement | 95 % |
| Réception | 100 % |
Sans garantie de remboursement, aucun paiement ne peut être exigé avant l'ouverture du chantier.
Le solde de 5 %
Le solde de 5 % du prix n'est payable qu'à la réception des travaux. En cas de réserves, vous pouvez consigner cette somme auprès d'un organisme agréé (CDC) jusqu'à la levée des réserves. Le constructeur ne peut pas conditionner la remise des clés au paiement intégral si des réserves existent.
Cas pratiques et exemples
Exemple 1 : Maison de 140 m² en zone rurale
Situation : Pierre et Marie font construire une maison de 140 m² sur un terrain de 800 m² en Normandie. Le constructeur leur propose un CCMI avec fourniture de plan.
Budget détaillé :
- Terrain : 65 000 euros
- Construction (1 650 euros/m²) : 231 000 euros
- Frais de notaire terrain : 5 200 euros
- Raccordements (eau, électricité, assainissement) : 8 500 euros
- Taxe d'aménagement : 4 800 euros
- Assurance dommages-ouvrage : 4 600 euros
- Total : 319 100 euros
Avec une surface totale inférieure à 150 m², le recours à un architecte n'est pas obligatoire. Le permis de construire est accordé sous 2 mois. Les travaux durent 10 mois. Grâce à la garantie de livraison, la maison est livrée dans les temps malgré une difficulté de trésorerie du constructeur en cours de chantier.
Exemple 2 : Maison contemporaine de 180 m² en zone périurbaine
Situation : Un couple souhaite une maison d'architecte de 180 m² près de Lyon. Ils optent pour un CCMI sans fourniture de plan.
La surface dépassant 150 m², le recours à un architecte est obligatoire. L'architecte conçoit les plans et constitue le dossier de permis de construire. Le constructeur signe ensuite le CCMI pour la réalisation des travaux.
Coûts :
- Honoraires architecte (10 % du coût travaux) : 27 000 euros
- Construction (1 500 euros/m²) : 270 000 euros
- Terrain : 180 000 euros
- Frais annexes : 35 000 euros
- Total : 512 000 euros
Le permis est délivré sous 3 mois car le terrain est en secteur ABF. L'autorisation tacite n'étant pas possible dans ce cas, le couple attend la notification écrite de l'arrêté avant de lancer le chantier.
Exemple 3 : Faillite du constructeur en cours de chantier
Situation : Après 6 mois de travaux et 60 % du prix versé, le constructeur est placé en liquidation judiciaire. La maison est hors d'eau mais pas hors d'air.
Intervention du garant : Grâce à la garantie de livraison, l'organisme garant mandate un autre constructeur pour achever les travaux. Le prix contractuel initial est respecté. Les propriétaires n'ont rien à débourser de plus. Le retard de 4 mois engendre des pénalités de retard de 5 000 euros versées par le garant.
Sans CCMI, les propriétaires auraient dû déclarer leur créance au passif de la liquidation avec une chance quasi nulle de récupérer les sommes versées, puis financer eux-mêmes l'achèvement des travaux.
Erreurs à éviter
1. Signer un contrat qui n'est pas un CCMI
Certains constructeurs proposent des "contrats de construction" ou "contrats d'entreprise générale" qui ne comportent pas les garanties du CCMI. Vérifiez que le contrat mentionne explicitement les articles L231-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation.
2. Ne pas vérifier l'attestation de garantie de livraison
L'attestation doit être jointe au contrat. Vérifiez qu'elle est délivrée par un organisme agréé (les banques et assurances habilitées sont listées par le ministère du Logement). Une attestation périmée ou un garant non agréé rendent le contrat nul.
3. Accepter une notice descriptive imprécise
La notice doit détailler chaque prestation : marque et modèle des équipements, nature des matériaux, dimensions exactes. Une mention "carrelage standard" ou "peinture selon choix" laisse trop de latitude au constructeur. Exigez des précisions écrites.
4. Payer plus que les plafonds légaux
Même sous pression du constructeur, ne versez jamais plus que les pourcentages autorisés par la loi. Des appels de fonds excessifs constituent une infraction pénale passible de 2 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.
5. Négliger l'assurance dommages-ouvrage
L'assurance dommages-ouvrage est obligatoire avant l'ouverture du chantier. Sans elle, en cas de sinistre décennal, vous devrez attendre des années la décision de justice pour savoir qui paie les réparations. Cette assurance préfinance les travaux et se retourne ensuite contre le responsable.
6. Oublier de vérifier le terrain
Avant de signer, assurez-vous que le terrain permet votre projet. Le certificat d'urbanisme opérationnel (CUb) indique si la construction envisagée est réalisable. Une extension de 20 m² future doit aussi être anticipée dans l'emprise constructible.
7. Sous-estimer les frais annexes
Le prix du CCMI ne comprend pas :
- Les frais de notaire
- La taxe d'aménagement (calculée sur la surface taxable)
- Les raccordements aux réseaux
- L'assurance dommages-ouvrage
- Les aménagements extérieurs (terrasse, clôture)
- Le coût d'une éventuelle piscine
Prévoyez 15 à 20 % du budget construction pour ces postes.
Questions fréquentes
Quel CERFA pour un permis de construire de maison individuelle ?
Le formulaire CERFA 13406*11 (anciennement PCMI – Permis de Construire Maison Individuelle) est utilisé pour les demandes de permis de construire de maisons individuelles et leurs annexes. Il doit être accompagné des pièces PCMI1 à PCMI8 minimum, complétées selon les spécificités du projet (PCMI9 à PCMI18 en zone ABF notamment). Le constructeur se charge généralement de constituer et déposer le dossier complet en mairie.
Le recours à un architecte est-il obligatoire pour une construction neuve ?
L'architecte est obligatoire uniquement si la surface de plancher de la construction dépasse 150 m² (article R431-2 du Code de l'urbanisme). En dessous de ce seuil, le constructeur peut concevoir les plans dans le cadre d'un CCMI avec fourniture de plan. Pour une maison de 145 m², pas besoin d'architecte. Pour une maison de 160 m², un architecte doit signer les plans et suivre le chantier, ce qui représente environ 8 à 12 % du coût de construction.
Quelles sont les normes RE2020 pour une construction neuve ?
La RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) s'applique à toutes les constructions neuves depuis le 1er janvier 2022. Elle impose des exigences sur trois axes : la performance énergétique (Bbio max, Cep max), le confort d'été (DH seuil), et l'impact carbone (Ic construction et Ic énergie). Concrètement, votre maison CCMI doit atteindre une consommation maximale de 70 à 90 kWh/m²/an selon les zones climatiques et une étude carbone sur tout le cycle de vie. Le constructeur intègre ces exigences dans son prix.
Quel est le prix au m² pour construire une maison en 2025 ?
Le prix de construction au m² varie selon la région, le niveau de finition et les prestations. En moyenne pour un CCMI standard en 2025 : 1 400 à 1 800 euros/m² en entrée de gamme, 1 800 à 2 300 euros/m² en milieu de gamme, 2 300 à 3 000 euros/m² en haut de gamme. En Île-de-France, ajoutez 15 à 20 %. Ces prix concernent la construction seule, hors terrain, frais de notaire, raccordements et taxe d'aménagement.
Quel permis pour construire une maison neuve ?
La construction d'une maison neuve nécessite toujours un permis de construire, quelle que soit sa surface. Le formulaire CERFA 13406 est spécifique aux maisons individuelles. Le délai d'instruction est de 2 mois en zone standard, 3 mois si le terrain est situé dans le périmètre d'un monument historique ou en site classé. Après obtention, vous disposez de 3 ans pour commencer les travaux, avec une possibilité de prolongation de la durée de validité du permis.
Quelles sont les étapes pour construire une maison ?
Les grandes étapes d'une construction en CCMI sont : 1) Recherche et achat du terrain (2-6 mois) 2) Signature du CCMI et obtention du financement (1-2 mois) 3) Dépôt et instruction du permis de construire (2-3 mois) 4) Purge du délai de recours des tiers (2 mois) 5) Travaux de construction (8-14 mois selon la surface) 6) Réception et remise des clés. Comptez 18 à 24 mois entre la signature du CCMI et l'emménagement.
Combien coûte une démolition avant construction ?
Si votre terrain comporte une construction existante à démolir, prévoyez 80 à 150 euros/m² de surface au sol selon les matériaux (plus cher pour le béton que pour le bois). Une maison de 100 m² coûte entre 8 000 et 15 000 euros à démolir, hors désamiantage éventuel (supplément de 30 à 50 euros/m²). Un permis de démolir distinct ou intégré au permis de construire est nécessaire. La démolition n'est généralement pas incluse dans le CCMI.
Conclusion
Le CCMI reste le contrat le plus protecteur pour faire construire votre maison individuelle. La garantie de livraison, le remboursement CCMI en cas de rétractation, et l'encadrement des paiements vous mettent à l'abri des aléas. Avant de signer, vérifiez scrupuleusement les attestations d'assurance, la notice descriptive, et la conformité du contrat aux exigences légales.
Prenez le temps de comparer plusieurs constructeurs, de visiter des maisons témoins et des chantiers en cours. Un bon constructeur accepte la transparence et répond à toutes vos questions. En cas de doute sur une clause contractuelle, faites relire le CCMI par un avocat spécialisé ou un notaire avant de vous engager.
Une fois le contrat signé et le certificat de non-opposition obtenu pour votre permis de construire, vous pourrez suivre sereinement l'avancement de votre chantier, sachant que la loi vous protège à chaque étape.
Pour des travaux futurs comme l'ajout d'un bow-window ou le transfert de votre permis en cas de revente avant achèvement, les mêmes principes de rigueur administrative s'appliquent.
Sources : Code de la construction et de l'habitation (articles L231-1 à L231-13), Legifrance, Service-public.fr, DGCCRF
